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[Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées

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"Pas de destin
mais ce que nous faisons."
Benedict
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MessageSujet: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Lun 29 Aoû - 12:43

    Le domaine Dantès est constitué d'une végétation dense, laquelle borde une demeure monumentale, pour ne pas dire un modeste manoir. L'on peut remarquer qu'il existe une autre bâtisse à l'ouest. Vu du ciel, il est inconcevable d'imaginer que cet espace verdoyant abrite les esprits les plus amoraux et retords de la ville.

    Les larges allées sont encadrées par de la pelouse ou une véritable forêt. Il est certain que le domaine est parfaitement clôturé, surveillé et protégé. La moindre entrée est ornée de statues de pierre impressionnantes.

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Humain
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"Pas de destin
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Roxas
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Véritable identité : Rafael Baldwin
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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Mer 7 Sep - 12:55

<=Micro-ellipse

Il est un deuil qu'il portait, lourd au cœur comme un secret... Le deuil du dernier fragment d'humanité qu'il contenait. Et désormais, il se moquait bien du clivage mutant/"homo-sapiens". Non, il ne parlait pas de l'Humanité avec un grand H. Il était toujours faible, banal, éphémère, à l'exception prête qu'il avait perdu cette once de bienveillance que possédaient même les individus les plus retors. Sombre, songeur, il était là, debout, non loin du labyrinthe et à l'écart de toute civilisation. A vrai dire, il voyait passer des ombres qui le fascinaient autant qu'elles l'effrayaient. De pures produits de son imagination qui avaient le don de l'exaspérer. Il s'était allié à ce qu'il y avait de pire sur cette planète. Pour ainsi dire, il avait donné son âme à la personnification du mal (Ascheriit). Dire qu'il n'en était pas fier serait un euphémisme. Avait-il eu le choix, après tout ?
Oui...
Et c'était bien cela qui l'incitait à se haïr. Il aurait pu ne pas trahir les rares personnes qui avaient encore la folie de croire en lui, ou du moins d'espérer son appui. Il les avait encore faites passer au second plan, mais il craignait que cette fois-ci, ce soit impardonnable. Il était seul. Seul parmi les membres du Conseil des Ombres. Pourquoi le toléraient-ils ? Il ne se risquerait pas à émettre d'hypothèses bien que les idées ne lui manquassent pas. La seule chose dont il était certain, c'est qu'il était prêt à tout, désormais, pour obtenir ce qu'il convoitait. Après tout, les extrêmités du mal ont quelque délire de joie. Il avait déjà tué un homme pour faire ses preuves... Certes, un homme qu'il méprisait et... ce n'était pas la première fois; n'est-ce pas ? Tout de noir vêtu, il croisa les bras et observa le sol. Il n'osait plus regarder ce ciel auquel il n'accèderait jamais. Fran... Quelle folie l'avait incitée à agir de façon si différente ? L'immortelle n'était plus la même. Bien qu'il ne l'ait pas encore vue, ou de loin, il ne le savait que trop bien. Oh, il l'avait si longuement observée qu'il la connaissait par cœur. La douce et optimiste Fran était devenue un être obscur et distant. C'était à n'y rien comprendre. Et pourtant, elle était toujours aussi belle. Il voudrait croire que cette perte de personnalité, aussi terrible était-elle, ne fonctionnerait qu'en sa faveur. C'était égoïste, certes, mais il était dépassé par les évènements. Il n'en pouvait plus. Au risque de se répéter, il serait vraiment prêt à tout...


Personne ne l'aura...

Et malgré tout, une légère voix lui criait qu'il pourrait peut-être sauver Fran, la faire redevenir elle-même. Mais si c'était au prix de sa vie ? Un frisson lui parcourut l'échine. Songer à l'avenir était plus oppressant que jamais. Il n'avait plus droit à l'erreur; sa perdition était totale.
Il fronça légèrement les sourcils. Au diable tous les autres après tout... On ne lui avait jamais fait de cadeau. Pourquoi se soucierait-il d'un monde qui ne l'avait que trop longtemps laissé de côté ? A la rigueur, il s'intéressait encore à la fondation Akatsuki, mais pour une unique raison : obtenir sa vengeance sur Leopold Linderman.
Il était seul, avait-on dit ? Cette certitude lui parut beaucoup moins acquise alors qu'il pivotait. Où était le nouveau venu, et surtout depuis quand ? Ici, il s'agissait sans aucun doute d'un mutant, pour ne pas dire un... fantôme ?

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« C'était un mauvais esprit tout bardé de dépit.
L'enfer ne contient pas pire en fait de puissances mauvaises
Dans son domaine surbaissé.
Crevant de sombre orgueil,
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Il est l'ennemi des méchants aussi bien que des bons. »


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Fantôme
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Véritable identité : Andréas de Vale
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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Mar 13 Sep - 10:34

<----Quatrième jour d’arrivée au Domaine Dantès

Le « nouveau venu ». Andréas esquissait mentalement une grimace de mépris, quand il croisait le regard des autres membres du Conseil des Ombres, ce regard qu’ils avaient envers lui quand ils étaient persuadés qu’il ne pouvait les voir. Pour sûr, eux, ne voyait pas le fantôme qui avait tourné au coin du couloir et revenait sur ses pas pour une quelconque raison. Ce genre de regard qu’on adressait aux débutants, à ceux dont on ne savait pas encore si on pouvait accorder sa confiance, il ne le haïssait pas, mais le regardait avec condescendance. Et pourtant, il s’efforçait d’accrocher toujours le même sourire neutre sur ses lèvres ; parce que ce n’était pas en méprisant tout le monde qu’on réussissait à s’intégrer.
Quoi ? N’était-il pas dans la cour des grands, après tout ? Il fallait bien se tenir à carreau pour obtenir une certaine confiance ; ne pas faire d’erreurs et ne pas se montrer plus malin que tout le monde.
Malheureusement, tout intelligent qu’il soit, Andréas avait aussi en lui cette part de stupidité, ou d’obstination, qui faisait qu’il avait du mal à garder sa superbe habituelle enfouie. Il n’aimait pas qu’on se moque de lui ou qu’on le considère comme inférieur. Encore moins qu’on le remette à sa place…
Peut-être se faisait-il simplement un peu trop d’idées négatives sur l’expression « nouveau venu » simplement parce qu’il était si vieux que le terme « nouveau » était un mot qu’il avait cessé d’utiliser depuis très longtemps. C’était peut-être aussi stupide que cela.

Stupide…combien de fois, pendant des années, sa sœur, son âme-sœur, quelques amis, l’avaient ainsi appelé…cela devait bien être pour une raison ou une autre…Bah, quelle importance cela avait-il maintenant ? Ils étaient tous morts, ou presque. Tous laissés derrière lui, dévorés non par la soif du mal ou la folie comme lui, mais simplement par le temps. Il regardait chaque pas qu’il faisait dans ce couloir du labyrinthe, et il pensait marcher sur ceux qui avaient disparu. Pas si invraisemblable, après tout. Il y aura toujours plus de morts que de vivants.
Et il y aurait toujours des personnes pour constater cela, et il en faisait partie, pour sa plus grande tristesse.

Il croisa les bras sur sa chemise blanche, regardant d’un absent le ciel limpide qui n’était de nature à inspirer aucun réconfort. Pas de Dieu, signifiait : pas de sens dans cette longue, longue vie ; ni Ciel ni Enfer. La vie était trop courte, et la mort trop longue : pour les humains, du moins, la vie l’était ; c’était lui qui se récoltait la mort trop longue à son goût, cette mort que les hommes laissaient derrière eux et qu’il voyait : cette présence de leur absence.
Perdant le peu de plaisir qu’il avait eu à errer au gré des tournants du labyrinthe, il décroisa les bras et se remit à marcher d’un pas vif, se dématérialisant pour marcher tout droit devant lui. Pas de risque de se perdre là-dedans autrement que par jeu ! Parvenant à une sortie, il s’arrêta, toujours invisible, toujours dématérialisé, regardant autour de lui. Certes, le domaine Dantès n’était pas sans dégager une certaine beauté austère et impitoyable – à l’image de ses occupants. Même les bois omniprésents ne parvenaient pas à dégager une certaine tranquillité ; ils s’opposaient trop aux statues qui entouraient la plus quelconque entrée ou allée. Après tout ce temps, cela l’étonnait encore : qu’il soit capable de regarder un lieu, une personne, de savoir que dans cinquante, cent ans, cela tomberait en poussière ou putréfaction – et pourtant, il voyait encore la beauté en cette chose ou cette personne. Merveille de la vie !
Désespoir de se savoir assez immortel pour être condamné à voir la magnificence de toute chose disparaître, inéluctablement…
Cela pouvait être ce domaine, ou bien l’homme immobile qui fixait le sol, tout de noir vêtu, plongé apparemment dans ses plus profondes pensées. Son visage était de ceux qui reflètent la mélancolie ; quelles que soient les réflexions qui occupaient cet homme, elles ne devaient pas être heureuses. Bien qu’il soit impossible pour Roxas de le voir, Andréas fronça légèrement les sourcils et s’immobilisa à son tour. Il le reconnaissait de vue, mais c’était tout : l’étrange anomalie qu’il avait remarqué au Conseil des Ombres, le seul humain qui ait le droit d’y siéger aux côtés des mutants. Par quel miracle ? Il ne savait, mais cela restait toujours intéressant et curieux. Quelque chose à découvrir, quelque chose d’inhabituel.


« Personne ne l’aura… »

Inhabituel, ça aussi. Les humains ne parlaient en général pas tout seul à moins d’être quelque peu cinglés. Andréas le faisait, quand il s’adressait aux fantômes de son passé, de façon imaginaire ; mais il avait l’excuse de sa longue vie. Des remords, des souvenirs qui le hantaient. Allez hanter un fantôme, tiens…Rien de plus facile. Rien n’était plus facile que d’être hanté par les humains. Par ceux qu’on connaissait, comme ceux qu’on ne faisait que croiser. Par l’infini potentiel qui résidait en chacun des hommes, de par la conscience de la brièveté de leur vie – et alors, rien de plus facile que de les haïr ou de les envier pour ce seul fait.
Il le vit pivoter et regarder autour de lui, cherchant quelque chose, ou quelqu’un – était-il possible qu’il ait ressenti la présence de Fantôme ? Ce qui aurait été amusant, à vrai dire. Andréas eut un demi-sourire narquois, qui s’effaça alors qu’il redevenait visible aux yeux de tous, quittant son état de « fantôme ». Il mit lentement ses mains dans les poches de son pantalon noir, alors qu’il s’avançait d’un pas vers Roxas avant de s’arrêter, ses lèvres affichant un léger sourire. Ses yeux dévisagèrent l’homme pendant un instant, avant qu’il n’incline légèrement la tête en signe de salut.


En effet, si je puis dire, vous semblez assez déterminé pour vous opposer à tous ceux ou celles qui pourraient « l’avoir »…

Cela n’aurait sans doute été pas fair-play pour Andréas de cacher ce qu’il avait entendu, surtout quand il s’agissait de ses désormais nouveaux compagnons pour une période de sa vie. Et puis il était franc, et loyal, avant tout. Pourquoi donc se cacher ? Il le ferait quand il en aurait véritablement l’utilité…Lui restait toujours son air impénétrable, malgré son léger sourire.

Il fixa Roxas pendant encore un instant, ses yeux prenant peut-être l’espace d’une seconde cette flamboyance qu’ils affichaient parfois ; puis il se détourna, levant son regard vers le domaine Dantès pour mieux observer l’homme du coin de l’œil. L’homme, ici…seul parmi les mutants…par quoi était-il donc passé pour en arriver-là ?


De qui, ou de quoi, étiez-vous en train de parler ?

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Humain
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Roxas
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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Ven 16 Sep - 15:16

Roxas avait-il pu ressentir la présence de Fantôme avant qu'il ne soit redevenu visible ? Cela paraissait peu probable, mais les faits étaient là : à présent, les deux hommes se faisaient face et s'observaient avec minutie et silence. Peut-être Baldwin faisait-il seulement preuve d'une paranoïa aiguë, qui le forçait continuellement à couvrir ses arrières... Et quoi de plus naturel en ces lieux ? Il avait beau être "toléré", il n'en demeurait pas moins un être faible et nuisible pour un certain nombre d'habitants de ce domaine. Il était transparent pour les uns, divertissant pour les autres...
Il avait bien entendu eu des discussions en privé avec Ascheriit en personne. Faut-il préciser que la moindre d'entre elles lui avait glacé le sang ? Il avait aussi -pour son plus grand bonheur- recroisé Akhad, le mutant qui se plaisait à surgir dans les cheminées, où qu'elles soient. Ces deux titans se faisaient humblement appeler les Seigneurs des Ténèbres ou des Enfers. C'était théâtral, presque cocasse, mais malheureusement... ces surnoms leur convenaient parfaitement.
Il y avait aussi Aphiss, l'étrange sosie d'Axel. Un homme pourvu de grandes ailes blanches; il ressemblait à un ange à s'y méprendre, mais ici, on était bel et bien en Enfer. N'oublions pas ces créatures sublimes, de fatales enchanteresses qui vivaient dans une bâtisse située dans la forêt et qui répondaient au nom de Noxia... Il ignorait s'il devait être heureux ou meurtri que Fran en fasse partie, à présent. En parlant de créatures, il en est une qui était indubitablement moins plaisante à regarder. Une sorte de gremlins, en moins mignon : Ikon. Pour finir (même si l'on aurait pu en dire d'avantage), le propriétaire des lieux -malgré sa tenue vestimentaire banale- n'avait rien à envier à Ascheriit ou Akhad. Roxas n'avait croisé Benedict, l'homme au regard implacable, que quelques fois. Contre toute attente, celui-ci s'était montré plus amical qu'hautain... ce qui ne l'avait pas empêché de lui intimer des ordres, comme à un vulgaire laquais.
Et désormais, à qui faisait-il face ? Qui était le dernier (mais pas le moindre) membre de cette illustre parade des monstres ? Fantôme. Un être qui pouvait vraisemblablement disparaitre et apparaitre à sa guise, en toute discrétion. Un formidable voyeur dont Roxas se serait bien passé (quoiqu'il n'aurait rien eu contre le fait d'avoir de semblables capacités). En dehors de cela, son interlocuteur était tout à fait quelconque, si l'on omet ce regard distant, comme s'il était détaché des rangs de l'humanité, et ce sourire équivoque, cela va de soi. Fantôme était également vêtu de noir. Il faut croire que les couleurs vives n'étaient pas à la mode au sein de cette communauté.


"En effet, si je puis dire, vous semblez assez déterminé pour vous opposer à tous ceux ou celles qui pourraient « l’avoir »..." déclara-t-il.

Roxas, quoiqu'impassible et blafard, arqua un sourcil. Ainsi donc, l'invité inattendu l'avait entendu. Comme si cela ne suffisait pas, il parlait ouvertement du sujet -pourtant délicat- dans le but d'en apprendre d'avantage, très certainement.
Pour toute réponse, il baissa les yeux. Il éprouvait toujours quelque difficulté à soutenir un regard franc, avec qui que ce soit. Mais Fantôme n'était pas n'importe qui, aussi vrai que son regard n'était pas quelconque.


"De qui, ou de quoi, étiez-vous en train de parler ?" insista-t-il.

Roxas parut hésiter un instant... Il s'était toujours plaint de n'avoir personne pour l'écouter ou pour entendre ses longues complaintes. Or, là, l'occasion se présentait. Hélas ! Il ne lui faisait pas confiance...


Qu'est-ce que vous voulez, au juste ? rétorqua-t-il, plus brusque qu'il ne l'aurait souhaité, en reportant son attention sur Fantôme.

Vous vous ennuyez ? Vous avez du temps à perdre ? Ou peut-être êtes-vous d'humeur chagrine; et en ce cas, quoi de plus revigorant que de rire des déboires d'un humain ?

L'idée que Fantôme souhaite réellement converser ou le connaitre, et ce d'égal à égal, ne lui avait pas effleuré l'esprit. Il commençait à connaitre les Ombres.

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Médéa
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Véritable identité : Claudia Donovan
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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Sam 17 Sep - 22:09

innocent Premier Message innocent

La capote rabattue, Claudia profitait d'un petit vent raffraichissant. Ne séjournant pas au domaine Dantès, c'est au volant de sa voiture adorée qu'elle se rendit à la première réunion du Conseil des 13. Elle allait les rencontrer pour la première fois. Enfin, certains. Elle en connaissait déjà de vu depuis qu'elle avait intégré le groupe.
Cela avait commencé il y a quelques mois, par des rêves pour le moins spéciaux. Une certaine Satine était venue à elle sur recommandation d'un vieil ami. Sans préciser qui, ce qui ajoutait encore plus de mystères à cet étrange procédé de recrutement.
Puis Ascheriit avait accompagné la fille d'Eclipse dans un autre rêve, et ma foi, il était parvenu à la convaincre de s'allier aux siens. Avait-elle précisé qu'en plus de ça, il avait une apparence peu banale ? Elle appréhendait légèrement ce premier vrai face à face... et espérait voir son "bienfaiteur" !
Bref. Elle s'avança dans l'allée menant au bâtiment principal, et croisa deux "men in black" en train de converser. Médéa les salua joyeusement de la main. Elle ne les avait jamais vu mais c'était très certainement des confrères !
Elle finit par se parquer à côté d'une grosse cylindrée noire, et entra dans les lieux.


Arrow [Second étage - Aile ouest] Salle de réunion

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Fantôme
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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Ven 30 Sep - 10:02

Qui avait-il rencontré, de son côté ? Pas tellement de monde, à vrai dire. "Croisé" et "mentionné" étaient des mots plus justes. Il lui semblait avoir du mal à se réintégrer dans une société alors qu'il avait choisi la voie de la solitude depuis tant d'années. Les mots, les rencontres, lui étaient des termes quelque peu rouillés, bien qu'il sache quelle attitude tenir parmi les Ombres. A part avec Benedict, mais avec Benedict, c'était une complète autre histoire, tenant à la fois de la fausse amitié et de la haine véritable, du double jeu et du masque. Cordialité en apparence, haine à l'intérieur. Pour les autres, tout comme Fantôme cherchait encore véritablement qui il était, il ne savait pas encore de quelle manière il voulait leur apparaître. Pas comme un ennemi, cela était sûr. Mais sinon...

S'il avait eu la possibilité de deviner les pensées de Roxas, dès le lendemain, par provocation et taquinerie, il aurait troqué ses vêtements blancs ou noirs contre un rouge pourpre ou flamboyant. Cela ne l'aurait aucunement dérangé. Et cela l'aurait fait se démarquer, lui qui avait tendance à se fondre dans l'ombre et l'invisible en attendant son heure. Bien que son regard franc fisse visiblement baisser les yeux à Roxas, il ne s'en départit pas. Il détourna simplement la tête, l'observant toujours du coin de l'oeil. Le mettre mal à l'aise n'était pas son idée de départ (d'ailleurs, en avait-il une ?), bien au contraire. Il espérait simplement apprendre à connaître peu à peu, personne par personne, le groupe qu'il avait choisi de fréquenter pour un temps indéterminé. Histoire de ne pas regretter ce choix.


"Qu'est-ce que vous voulez, au juste ?" rétorqua Roxas. "Vous vous ennuyez ? Vous avez du temps à perdre ? Ou peut-être êtes-vous d'humeur chagrine; et en ce cas, quoi de plus revigorant que de rire des déboires d'un humain ?"

S'était-il attendu à ce que Roxas, tout aussi impassible et réservé qu'il semble l'être, s'irrite aussi brusquement ? Quelque part, la colère, la peine - non, plutôt l'amer - qui résonnaient, qui étaient sous-entendus dans les paroles de l'humain le blessèrent. Non pas pour lui-même, mais simplement par la saveur âcre qui s'en émanait - comme si son interlocuteur n'avait toujours été que trompé par les autres niveau confiance, s'érigeant donc une protection contre toute approche extérieure. Il connaissait cela. Le comprenait. Et était juste quelque peu...navré d'en faire les frais. Toutefois, Fantôme obligea ses lèvres à esquisser un sourire.

"Je m'ennuie, en effet. Je me suis ennuyé pendant plus de mille cinq cents ans. J'ai perdu beaucoup de temps pendant tous ces siècles, le gaspillant plus que l'utilisant. Ce qui m'a rendu peut-être non pas chagrin mais amer ou cynique - mais pendant toutes ces années, cela ne m'a pourtant jamais fait rire que de connaître les déboires des humains."

Il s'arrêta, faisant une pause, alors que son visage redevenait songeur, ses yeux observant Roxas avant de se détourner à nouveau. Il eut un salut de tête pour Médéa qui passa en coup de vent. Peut-être était-ce bien froid par rapport au cordial salut de la main qu'elle leur adressa, mais il ne pouvait faire plus pour l'instant. En voilà au moins une qui n'avait pas l'air morbide, mais de respirer la vie. La vivacité de la jeune fille rousse lui rappela...il se força à détourner ses pensées de sa soeur, se retournant vers Roxas.

"Permettez, Roxas, de simplement considérer que je ne cherche pas à me moquer de vous, mais à essayer de vous connaître. Est-ce si inimaginable ? Me pensez-vous donc à ce point au-dessus de vous parce que je suis mutant et vous humain ? Certes, il y a toujours une possibilité qu'un jour, j'use de ce que je saurais contre vous - mais n'est-ce pas notre lot à tous, nous qui sommes parmi les Ombres ? Pensez simplement que je ne cherche rien d'autre qu'à vous parler, en espérant que la colère que vous avez visiblement en vous vous laisse encore cette possibilité. Voyez, je suis franc. Et honnête, incurablement honnête et loyal. Faites-en ce que vous voulez. Je n'ai de compte à rendre à personne, et un nouvel arrivant devrait-il chercher à se moquer des plus anciens que lui ? Je ne pense pas être encore assez stupide pour en être arrivé là."

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Humain
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Roxas
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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Lun 3 Oct - 7:49

Qui était Fantôme ? Aussi surprenant que cela puisse paraitre, Roxas commençait à peine à se poser la question. A croire que son système d'auto-défense quelque peu abusif prenait toujours le dessus sur tout le reste. Andréas n'était arrivé que récemment au domaine; cela, Roxas en était persuadé. Mais il ne pouvait se vanter de détenir d'autres informations.
Vraisemblablement, rien ne le démarquait des habitants de ce manoir, du leader du Conseil des Ombres ou même du maitre des lieux. Un individu glacial et à l'impassibilité immuable. Rien ne semblait pouvoir atteindre ces êtres uniquement faits de ténèbres. C'est pourquoi ils terrorisaient Roxas, aussi vrai qu'il les enviait. Certes, il leur vouait une indubitable admiration. S'il savait comme il se trompait ! Encore une fois abusé par les apparences, il était loin du compte quand il s'imaginait que ces êtres étaient réellement inébranlables. Ils étaient plus fins comédiens que lui, voilà tout.
Bref, tout en songeant cela, l'humain était néanmoins rongé par une singulière pensée. Finalement, Fantôme était peut-être... assez différent des autres. Pour quelle raison, de quelle façon ? Hélas, il n'en savait rien ! Peut-être parce qu'il s'intéressait à quelque chose qui ne concernait pas directement son égo, et qu'il paraissait franc, de surcroit. Roxas n'en demeurait pas moins méfiant. L'endroit était en effet fort inadéquat pour se faire des amis, du moins dans son esprit.
En somme, Fantôme dut faire les frais de son humeur aigre et changeante. C'est qu'il avait bâti une muraille entre le monde et lui. Et pourtant, son interlocuteur ne renonça pas à tenter de la franchir :


"Je m'ennuie, en effet. Je me suis ennuyé pendant plus de mille cinq cents ans. J'ai perdu beaucoup de temps pendant tous ces siècles, le gaspillant plus que l'utilisant. Ce qui m'a rendu peut-être non pas chagrin mais amer ou cynique - mais pendant toutes ces années, cela ne m'a pourtant jamais fait rire que de connaître les déboires des humains."

Si durant cette tirade, il demeura tout à fait impassible, son regard gagna plusieurs nuances variées. Tout d'abord la désillusion. On ne pouvait pas dire que Fantôme tournât autour du pot. Ne venait-il pas d'admettre qu'il était là seulement par ennui ? Et en même temps, n'était-ce pas le cas de tout individu, ici-bas, quelque soit son ancienneté ?
Il éprouva plus de difficultés à masquer sa perplexité lorsqu'il apprit l'âge de... l'homme qui lui faisait face. Des mutants véritablement ancestraux arpentaient ce domaine. Encore une fois, Roxas en était dérouté, autant qu'il les enviait. Et pourtant, ils avaient de quoi être pleurés. Tous ne s'accommodaient pas autant de leur extraordinaire longévité.
Roxas se fut plaint que Fantôme ait choisi de lui raconter sa vie, s'il n'avait pas conclu d'une manière aussi déchirante. Était-ce seulement sincère ? Il eut mystérieusement envie de lui laisser le bénéfice du doute... Ainsi, il était plus ici par tristesse que par moquerie. Tant mieux. Roxas se complaisait plus dans le malheur qu'autre chose. Mais c'était par nécessité, certes pas par plaisir. Hélas...
C'est à cet instant que Médéa leur apparut d'une manière aussi vive et fugace qu'un éclair. Elle était dotée d'une énergie et d'une cordialité qui dénotaient avec l'image qu'il se faisait des Ombres. Si Fantôme la salua vaguement, Roxas n'en fit absolument rien. La seule chose pour laquelle il était reconnaissant envers Médéa, c'était de lui avoir épargné d'avoir à répondre quoique ce soit...


"Permettez, Roxas, de simplement considérer que je ne cherche pas à me moquer de vous, mais à essayer de vous connaître." reprit-il.

Il fronça légèrement les sourcils. Il le connaissait déjà, visiblement. Ledit Roxas n'en était que moyennement flatté. Mais après tout, cela n'avait rien de très exceptionnel ou surprenant. Il chercha à se remémorer de quelle façon les autres appelaient son "curieux" interlocuteur tandis que celui-ci poursuivait :


"Est-ce si inimaginable ? Me pensez-vous donc à ce point au-dessus de vous parce que je suis mutant et vous humain ? Certes, il y a toujours une possibilité qu'un jour, j'use de ce que je saurais contre vous - mais n'est-ce pas notre lot à tous, nous qui sommes parmi les Ombres ? Pensez simplement que je ne cherche rien d'autre qu'à vous parler, en espérant que la colère que vous avez visiblement en vous vous laisse encore cette possibilité. Voyez, je suis franc. Et honnête, incurablement honnête et loyal. Faites-en ce que vous voulez. Je n'ai de compte à rendre à personne, et un nouvel arrivant devrait-il chercher à se moquer des plus anciens que lui ? Je ne pense pas être encore assez stupide pour en être arrivé là."

La justification semblait en effet honnête. Était-il donc vrai qu'il ne cherchait qu'à se faire une solide place parmi les Ombres ? Et pour se faire, il abordait le moins respecté d'entre eux, sans tenir compte du mépris général. Certes, Roxas était arrivé avant Fantôme, mais il doutait de pouvoir lui être d'un grand secours.
Décidément, il avait affaire à un être plein de mystères. Difficile à cerner... Rafael ne s'était certainement pas attendu à une telle conversation, aujourd'hui. Lui qui n'avait pas discuté de manière aussi... intime avec quelqu'un, depuis fort longtemps. Et les derniers à l'avoir entendu (à défaut de l'avoir écouté peut-être) étaient les mêmes qu'il avait trahi. Amertume, disait Fantôme ? Savait-il seulement ce que c'était que de haïr le reflet qu'on voyait dans la glace ?


Vous ne semblez pas vous plaire particulièrement ici, remarqua-t-il, intrigué.

Se pourrait-il que l'hôte de ces lieux ne vous ait pas accueilli comme il se doit ? ne put-il s'empêcher d'ajouter, non sans ironie.

Qu'en savait-il ? Pas grand chose, pour ne pas dire rien du tout. Mais mettre les pieds dans le plat ou troubler les gens était tout un art chez Roxas. Certes, il paraissait peu touché par la sollicitude de Fantôme. Et pourtant, il daignait poursuivre la conversation.


Si vous êtes aussi "franc" et "loyal" que vous le dites, laissez-moi ajouter que vous êtes un élément unique en ces lieux, ajouta-t-il, tout aussi froidement. C'est à se demander ce qui vous a amené ici...

Il s'empêcha, cette fois-ci, d'ajouter "ici : en enfer". C'eut été quelque peu théâtral. Il avait volontairement détourné la conversation mais il préférait -et de loin- parler du passé de Fantôme que de ses propres déboires actuels.

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Dim 16 Oct - 15:33

Les êtres des ombres, les statues glaciales et impassibles. Andréas n'avait jamais considéré qu'il en faisait vraiment partie. Peu importait le nombre de groupes ou de sociétés comme celle du Conseil des Ombres qu'il avait connu au cours du temps, et surtout au début de sa vie. Il avait eu le don de se faire connaître comme l'indépendant, celui qui errait, qui partait et revenait parfois sans explication. Et quand il avait eu la chance d'être le chef d'un de ces misérables groupes dissolus au fil des années, il était surtout reconnu pour être celui qui ne s'opposait jamais à si quelqu'un se retirait de cette équipe. Il était pour le libre-arbitre avant tout ; non pas haïssant la fatalité, mais faisant comme si elle n'existait pas. Ce qui était le cas, à ses yeux, puisque Dieu n'existait pas. Une mauvaise volonté pouvait tout briser dans un groupe, et ce même en se forçant à le suivre. Immuabilité ? Inatteignable, voilà le mot qui était le plus juste. Car personne ne pouvait se connaître entièrement, y compris soi-même. Même les autres ne le pouvaient qu'en partie. Si on lui avait demandé son avis, Andréas se serait même hasardé à dire que les immortels étaient encore plus fragiles que les simples humains. Les humains ne faisaient que passer, alors que les immortels étaient destinés à rester jusqu'à ce que le monde s'effondre, longtemps après que leur propre monde se soit brisé. Qui donc avait envie de vivre assez longtemps pour voir un tel spectacle ?
Peut-être, seulement, ceux qui croyaient pouvoir forger cette fin dans un idéal qui leur correspondrait.

La résistance de Roxas, son opiniâtré à ne pas lui répondre directement, et son impassibilité, l'amusèrent. C'était comme s'il avait devant lui quelqu'un qui essayait de paraître aussi inébranlable qu'eux autres, immortels ; et pourtant l'immuabilité n'était pas dans la nature des hommes. Puis ce fut le regard de son interlocuteur qui se modifia ; bien que ses traits soient inchangés, ses yeux exprimaient au fur et à mesure, de la déception, de l'étonnement...de la perplexité, donc. (Il fallait dire, à propos de son âge, que Roxas avait devant lui ce qui pouvait qualifié de tellement "antique..." dans le mauvais sens du terme.) Mais donc, malgré l'utilisation de son surnom, qu'Andréas avait utilisé par respect, non par effet d'une cordialité qu'il aurait déjà voulu trop pousser en avant, son interlocuteur devenait méfiant. Comment l'avait-il appris ? Lorsqu'on lui avait présenté, très brièvement, tous les membres du Conseil des Ombres. Sa mémoire n'oubliait pas facilement.

Quant à haïr le reflet qu'on voyait dans la glace...Oui. Andréas connaissait intimement cette sensation. Tout comme celle de rester assis sur une chaise dans l'obscurité, pendant des longues heures, sans bouger, son esprit cherchant ce qu'il aurait pu faire et ce qu'il aurait dû faire. Les tourments croissaient avec les siècles et dévoraient l'esprit ; précisément parce que les souvenirs étaient ce qui restaient alors que le monde changeait de forme, décennie après décennie.


"Vous ne semblez pas vous plaire particulièrement ici," fit enfin remarquer Roxas, préférant sans doute tourner autour du pot que de lui répondre directement - comment aurait-il pu lui en vouloir ? "Se pourrait-il que l'hôte de ces lieux ne vous ait pas accueilli comme il se doit ?"

Andréas ne peut contenir un léger soupir de ressentiment. Simple humain qu'il soit, ce Roxas avait la capacité de frapper là où il y avait des chances de faire mal. Se plaire ici ? Ne pas être accueilli ? Comment l'humain en était-il venu à ces pensées ? Qu'est-ce que ses paroles ou son apparence avaient laissé échapper pour qu'il pose ce type de questions dont la réponse ne pouvait pas être plaisante, ou du moins plaire à certaines oreilles qui en recevraient l'écho ?

"Me plaire...je ne crois pas, Roxas, qu'il soit simplement possible de se plaire quand ce qui était votre monde a été détruit depuis des siècles. Je pense que quand plus rien ne vous rattache physiquement - autre que les souvenirs de gens morts depuis longtemps - à ce qui était le temps d'une vie normale, plus rien ne peut réellement vous plaire, quelle que soit la nouvelle maison que l'on trouve."

Il marqua une pause, réfléchissant lui-même à ce qu'il venait de dire. Ses yeux regardaient fixement Roxas pour ne pas manquer sa réaction ; pour voir si quelque chose parvenaient à modifier l'impassibilité de ces traits pâles. Puis Andréas eut un air presque amer, qu'il remplaça par un sourire.

"Cela, pour répondre à votre première question sous-entendue. Ceci, pour si l'on m'a accueilli : guère plus que le temps qu'il fallait pour éviter que je ne me perde ou ne fasse une bourde en insultant le maître des lieux. D'où le fait que je connaisse votre nom ; on m'a désigné tous les membres ici, et j'ai retenu les identités qu'on me donnait. C'est tout. En effet, on pourrait connaître mieux comme crémaillère ; devrais-je en organiser une, peut-être ?"

Son sourire devint ironique, alors que Roxas parlait à nouveau, lui faisant ce qui ressemblait de très loin à un compliment, si seulement le ton n'avait pas été aussi froid. La pureté des sentiments était-elle donc à jeter dans cet endroit ? N'était-ce pourtant pas ces mêmes sentiments qui voulaient faire changer le monde ? Si Andréas avait été fumeur, à cet instant, sans doute aurait-il écrasé sa cigarette non entièrement consumée sous son pied, pour faire passer son énervement croissant. A la place, il se contenta donc de faire disparaître son sourire, effaçant toute courtoisie de son visage.

"Peut-être aurais-je alors dû ne pas venir ici. Si tous se font des traquenards à chaque heure de la journée, ce groupe n'a pas de réelles chances de survie ni de faire quoique ce soit. Lamentable. Nous sommes pourtant du même bord. Quant à mes raisons - vous avez l'art, Roxas, de poser des questions sans en avoir l'air : compliment, sans nulle ironie ! - elles ne regardent que moi pour le moment."

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Mer 21 Déc - 13:26

Dire qu'il ne se plaisait point en ces lieux serait un euphémisme. Le décor, son hôte, les êtres qu'il croisait; tout cela lui faisait horreur. Pire, ils le terrifiaient. Il ne songeait pour autant pas à fuir. D'une part, il en était incapable -qui oserait s'attirer les foudres de ce genre de mutants ?-, d'une autre, il ne le pouvait pas. Il n'avait pas le choix. Tout ce qu'il avait accompli jusqu'ici, ou plutôt ce qu'il n'avait pas fait, l'avait conduit dans cet infernal abysse. S'il ne se considérait pas comme "tout à fait" innocent, il ne voulait pas se croire totalement coupable pour autant. De cette façon, il pouvait se plaindre et s'indigner...
Mais à quoi bon ? A quoi bon... On avait décidé de se jouer de lui depuis longtemps, et rien ne changerait jamais, si ce n'est pour empirer... C'est ainsi que le voulait la fatalité. Un immortel était-il plus à plaindre qu'un mortel ? Roxas n'était pas de cet avis. Aussi éphémère était-il, il avait eu tout le temps de constater combien son propre univers basculait et tombait en poussière. Il y avait même contribué. Hélas ! Il n'avait que peu de chance de faire encore tourner la roue de la fortune, tandis qu'un être tel que Fantôme... Il ignorait quel avantage il avait de maitriser le temps. De ne rien craindre de la mort. Bien entendu, comme souvent, Roxas se trompait... Mais fallait-il rappeler qu'il enviait trop souvent l'inaccessible, au point de bafouer le reste ?
Eh bien qu'importe ! Puisque les bons étaient ingrats, il n'avait qu'à s'allier aux esprits corrompus sans regret. N'était-il pas beaucoup plus aisé de se montrer égocentrique qu'altruiste ? N'était-ce pas plus jouissif de faire le mal, rien que le mal, sans raison apparente ? Les membres du Conseil des Ombres le lui faisaient croire... Pourtant, il était toujours tiraillé entre ces deux extrémités, et c'était bien là qu'était tout le drame de sa malheureuse existence. Il était encore beaucoup trop humain.
S'il n'était pas totalement idiot et d'ailleurs quelque peu perspicace, il n'avait non plus pas réalisé un exploit en abordant un sujet susceptible de déstabiliser son antique interlocuteur. Que voulez-vous ? A croire qu'il avait toujours été plus doué pour blesser autrui que pour le rassurer... Et surtout, il ne connaissait que trop bien le sentiment que l'on éprouve à force d'être exclu, voire nuisible, bien que toléré... En somme, même lorsqu'il parlait des états d'âme d'un autre, il ne songeait encore qu'à lui-même. Il devait cependant avouer que Fantôme était des plus intrigants. Il ne le méprisait pas, et semblait même vouloir s'en faire un allié. Le Conseil n'était donc pas composé que de narcissiques compulsifs... Intéressant.


"Me plaire...je ne crois pas, Roxas, qu'il soit simplement possible de se plaire quand ce qui était votre monde a été détruit depuis des siècles. Je pense que quand plus rien ne vous rattache physiquement - autre que les souvenirs de gens morts depuis longtemps - à ce qui était le temps d'une vie normale, plus rien ne peut réellement vous plaire, quelle que soit la nouvelle maison que l'on trouve."

S'il n'était guère expansif ou démonstratif de ses émotions, il ne masqua pas tout à fait sa nouvelle perplexité face à une réponse à la fois si... honnête et alarmante. Était-ce si ennuyeux de vivre éternellement ? Il ne semblait pas moins seul que lui... Mais il s'ouvrait si facilement. Roxas n'était guère coutumier de ces échanges d'états d'âme, surtout avec un inconnu. Certes, il lui était arrivé de s'égarer dans quelques soliloques légèrement mouvementés, par le passé, mais enfin... Non, il n'était guère d'humeur à cela à l'heure actuelle.


Vous êtes donc bien désespéré, ne trouva-t-il rien d'autre à dire.

Cherchait-il à se montrer compatissant ? L'effet avait peu de chance d'aboutir. Il cherchait plutôt à mieux le comprendre, le cerner, à se sentir moins seul dans les méandres du désespoir. Il y avait un je ne sais quoi de revigorant à songer qu'une âme était encore plus peinée que la sienne -à condition qu'il en ait encore une-. Après, il ne fallait pas nécessairement compter sur lui pour essayer d'aider ou d'épauler.
C'est que Fantôme lui avait presque fait oublier ce qui l'intéressait dans un premier temps. A savoir, la relation qu'il entretenait avec l'hôte de ces lieux. Roxas aurait-il entendu des murmures ? C'était plausible. Allez savoir.


"Cela, pour répondre à votre première question sous-entendue. Ceci, pour si l'on m'a accueilli : guère plus que le temps qu'il fallait pour éviter que je ne me perde ou ne fasse une bourde en insultant le maître des lieux. D'où le fait que je connaisse votre nom ; on m'a désigné tous les membres ici, et j'ai retenu les identités qu'on me donnait. C'est tout. En effet, on pourrait connaître mieux comme crémaillère ; devrais-je en organiser une, peut-être ?"

La plaisanterie, si c'en était une, tomba complètement à l'eau. Il y avait certes un je ne sais quoi de cocasse à imaginer tous les membres du Conseil des Ombres faisant "innocemment" la fête, mais non, rien à faire, Roxas ne sourit pas. Et néanmoins, que n'aurait-il pas donné pour un tête-à-tête avec Fran, aussi changée était-elle...? Voilà que sa chevelure enflammée hantait à nouveau son esprit. Non, décidément, il devait rester concentré sur Fantôme.


Insulter le maitre des lieux, ne put-il s'empêcher de répéter, comme pour l'inviter à en dire d'avantage.

Quels sombres secrets arpentaient ces funestes lieux ? De quelles chimères était constitué le passé de ces êtres sans âge ? Si le rire était contagieux, la froideur et l'austérité ne l'étaient pas moins. Fantôme ne tarda point à regagner son sérieux.


"Peut-être aurais-je alors dû ne pas venir ici. Si tous se font des traquenards à chaque heure de la journée, ce groupe n'a pas de réelles chances de survie ni de faire quoique ce soit. Lamentable. Nous sommes pourtant du même bord. Quant à mes raisons - vous avez l'art, Roxas, de poser des questions sans en avoir l'air : compliment, sans nulle ironie ! - elles ne regardent que moi pour le moment."

Il continuait de l'observer, l'air mi-agacé, mi-intrigué, distant quoiqu'il en soit. Si Roxas paraissait calme comme la mort, la flamme qui habitait son regard ou malmenait sa poitrine lui apportait je ne sais quelle agitation tout juste perceptible. C'était un fait; il n'était pas une personne particulièrement patiente. La glace pouvait se rompre à tout moment pour laisser jaillir avec abondance lave et colère. Mais pas encore.


Je crois que ce "groupe" durera, et vaincra, affirma-t-il, non sans désolation, en détournant les yeux.

Ses "alliés" avaient toutes les chances de parvenir à leurs fins, de provoquer -qui sait ?- la fin du monde libre. Cela ne le réjouissait pas, mais s'il obtenait ainsi l'objet de tous ses désirs... Oh, ce serait merveilleux. Un simple instant de bonheur, auprès d'elle. Il l'obtiendrait par tous les moyens et sacrifices...
Il finit par froncer les sourcils et poursuivit, non sans exagération :


Je ne comprends pas bien pourquoi vous venez me harceler avec vos questions si vous ne voulez pas même prendre la peine de répondre aux miennes.

Libre à Fantôme de se montrer plus ouvert, ou de partir, sans détour et sans regret...

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L'enfer ne contient pas pire en fait de puissances mauvaises
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Crevant de sombre orgueil,
De malice âcre et rancunière,
Il est l'ennemi des méchants aussi bien que des bons. »


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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Lun 23 Jan - 12:38

Certes, Andréas comprenait en grande partie ce que Roxas aurait pu lui exprimer ouvertement, quant au fait de ne pas se sentir à l’aise dans un tel endroit. Comment se sentir à l’aise au milieu d’étrangers ? Etranger sur une terre étrange ; étranger au milieu même de la foule des siens, qu’on soit humain, ou mutant. Si Andréas n’était pas effrayé par les autres mutants – du moins, il n’en laissait rien voir – restait qu’il les considérait avec respect et méfiance tout à la fois. Respect naturel, méfiance apprise au fil du temps. Toutefois, il était inutile de préciser qu’il ne voyait pas les choses de manière tout aussi sombre que Roxas, quand bien sa vision du monde demeurait cynique et dénuée d’illusions. Il avait trop longtemps cru aux illusions, pendant un temps, pour continuer à le faire, tout simplement. On pouvait guérir des blessures, mais elles restaient toujours dans la mémoire. Voilà tout.

Et pourtant il considérait l’humanité comme peut-être meilleure que l’état mutant ; il aurait contredit Roxas à l’idée que les humains ne puissent changer les choses. Il avait tort, il en était sûr. Tous laissaient une trace dans ce monde, qu’importait la durée de vie. Il était donc à cet endroit, deux visions différentes du futur, par deux êtres censés être alliés bien qu’opposés de nature, chacun enviant peut-être secrètement l’autre, chacun se faisant des idées sur la possibilité qu’offrait son interlocuteur dans l’absolu. Bah, pourquoi l’état mutant aurait-il permis d’échapper à ce genre de mensonge, après tout ? Ils venaient tous deux de la même origine, au fond. L’humanité.

C’était peut-être pourquoi Andréas semblait s’ouvrir si facilement, aux yeux de son interlocuteur. Jusque-là, cependant, Fantôme n’avait énoncé que des banalités qu’il avait ressassées depuis des siècles, à ses yeux. Rien d’autre. Rien d’intime, de personnel, de réellement pertinent. C’était comme de parler de la pluie et du beau temps, même si dans le cadre de ce manoir, doté de personnalités plus étranges et fabuleuses les unes que les autres, toute conversation prenait forcément un tour étrange. La réponse de Roxas, son air perplexe, son « Vous êtes donc bien désespéré », remua l’esprit de Fantôme. Désespéré…il ne considérait pas les choses ainsi. S’il était désespéré, il ne ferait rien, absolument rien contre l’ennui, il ne vivrait même pas. Désespéré n’était pas le mot.


« Désabusé, serait peut-être plus juste, » souligna-t-il, sans émotion apparente. « Ce n’est que la conséquence de toujours penser en rond la même chose pendant des siècles. Ce n’est pas de croire que l’univers n’offre plus la moindre surprise, mais plutôt de croire que plus rien ne peut vous étonner. Quoique, jusqu’à présent, vous avez plutôt bien rempli cet office. »

Compliment ? Peut-être, encore une fois. Andréas ne faisait que dire ce qu’il pensait, incurablement franc. Même si cette si courte remarque montrait que Roxas n’avait pas très envie de s’étendre sur le sujet, et Fantôme non plus, à vrai dire. Tout était déjà dit ! Andréas était loin de se considérer comme une âme en peine, même s’il avait quelque peu le même genre de quête inaccessible que Roxas. Disons qu’il vivait, voilà tout, ne croyant plus en rien mais espérant vaguement, de temps en temps, qu’un idéal réapparaisse et que les choses puissent changer. Une sorte d’attente lasse qui ne tenait plus que par l’habitude, éclaircie de temps en temps par des rencontres inattendues.

Si l’idée de crémaillère était si étrange…eh bien, il n’en fallait pas davantage. Pourquoi ne pas en faire une ? Andréas rit intérieurement. Ca égaierait peut-être quelque peu ce lieu sinistre, aux visages sans cesse fermés les uns contre les autres. Le fait que Roxas ne sourit même pas à cette idée tellement absurde le décida, bien qu’il ne soit pas suicidaire. (Cela dépendait du point de vue, comme toujours.) Il ne comprit pas tout à fait pourquoi Roxas insistait sur le terme « insulter le maître des lieux ». Tenait-il vraiment à ce qu’Andréas parle d’Ascheriit, de Benedict ? Aurait-il entendu parler de la fausse cordialité qui régnait entre ce dernier et Fantôme ? Aussi, par prudence, choisit-il de détourner la réponse sans en avoir l’air.


« J’ai vécu seul pendant très longtemps. Je ne suis plus habitué à avoir de chef à qui rendre des comptes, ni à ce qu’on me donne des ordres. Me sociabiliser ici aurait très mal commencé si je m’étais affiché comme un conquérant indépendant devant le chef de ce groupe, ou d’autre…enfin, ça en aurait peut-être déridé certains. » conclut-il, faisant à nouveau une allusion à la froideur régnant au domaine Dantès.

Il observa la légère agitation à peine visible qui semblait saisir Roxas, qui avait jusque-là réussi à garder un visage impassible, parsemé parfois de perplexité ou d’agacement. Il se demanda un moment si cette impassibilité cachait quelque chose de plus violent, de plus bouillonnant, ou si tout le monde finissait par attraper cette distance ici, comme une maladie contagieuse sans remède. Ce qu’il affirma ensuite, comme quelque chose qui aurait dû être plus joyeux, sortant de sa bouche, fut dit avec une sorte de désolation. Cela fit froncer le sourcil à Andréas. En voilà un qui aurait dû se réjouir, et qui finalement n’était pas content, comme le prouvait ensuite son « reproche ». Celui-ci fit tirer un demi-sourire en coin à Andréas, qui le considéra avec amusement, et un certain rire dans le regard.

« Aurais-je touché deux points sensibles ? La victoire de ce groupe ne semble pas vous apporter de joie particulière ; dans ce cas, pourquoi rester ? Par peur de ce qui arriverait ensuite, sans doute ? Ensuite, je vous gêne visiblement avec mes questions, puisque ne voulant moi-même pas répondre, vous retournez cela contre moi. Il est vrai que le jeu ne serait pas juste. Soit ! »

Andréas haussa les épaules, intrigué par ce drôle d’humain insaisissable mais non dénué de perspicacité. Que lui importait, après tout ? L’ennui, l’ennui devait bien être dérangé un jour ou l’autre. Et puis il pouvait répondre ; il n’avait plus rien à perdre, sauf Louise, qu’il avait au final perdu depuis longtemps. Il avait perdu tout le reste, et la vie en elle-même ne lui importait guère.

« Vous me demandez mes raisons. Je vous répondrai ceci. Je suis libre : il ne me reste plus aucune raison de vivre, toutes celles que j’ai essayé ont lâché et je ne peux plus en imaginer d’autres, sauf une seule, qui semble une cause perdue d’avance, mais rien que ce fait me décide à la poursuivre malgré tout. A un moment, on m’a dit que je pouvais changer le monde, et pourquoi pas ? J’ai encore assez de forces pour tout recommencer, pour mener le monde à un idéal. Mais que faut-il recommencer ? Pour quoi faire ? Pour quel monde où de toute façon je n’ai plus aucune place, ou même si le monde revenait tel que je l’aimerais ? J’aurais dû être mort depuis bien longtemps. Peut-être est-ce une mission suicide que je m’inflige là. Venir ici pour aider à changer les choses. Ou faire une crémaillère pour tous vous dérider. C’est une raison comme une autre pour chasser l’ennui. C’est une raison comme une autre pour marcher chaque jour. Vous, au moins, vous avez une date limite, celle de votre mort, et tout doit être fait avant. Moi, quelle limite aurais-je ? Quelle finalité donne une raison à faire des choses que j’ai déjà faites à satiété ? Voyez comme vous êtes chanceux. C’est sans doute pourquoi vous êtes ici, dans ce groupe, vous aussi. Je ne m’étonnerais pas que vous ayez plus d’espoir que les autres. La question est : pourquoi, de votre côté ? »

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Lun 13 Fév - 10:54

Le problème avec Roxas, c'est qu'il se sentait à l'aise à peu près... nulle part. S'excluait-il de manière relativement volontaire, parce qu'il n'avait plus aucun espoir envers le genre humain, ou au contraire, autrui éprouvait-il quelque difficulté à supporter son caractère disons... particulier ? Il considérait les gens qui l'entouraient comme des étrangers dont il fallait impérativement se méfier lorsqu'il n'y voyait pas tout de suite des êtres hostiles, des ennemis. Et à vouloir mieux s'armer contre un monde qui ne l'avait déjà que trop frappé, il se le mettait un peu plus à dos, chaque jour. Un cercle vicieux dont il n'avait que trop conscience mais dont il ne pouvait se libérer. Il était trop tenace, trop fier, trop "roxalien" pour cela. Il rejetait la faute sur les autres, voilà tout. Un homme était décédé de son fait; qu'à cela ne tienne, celui-ci n'avait qu'à pas le pousser à bout ! Sans oublier le poids qu'exerçait la fatalité.
La vérité, c'est qu'il était réellement persuadé que jamais la situation ne s'arrangerait, aussi ne faisait-il aucun effort en ce sens; bien au contraire. Et alors que les ultimes piliers de son univers s'effondraient inexorablement, il pleurait, tout en se réjouissant qu'il ne lui restera bientôt rien. Comment peut-on blesser un homme qui n'a plus rien à perdre ? Quelle crainte peut encore détenir celui-ci ? En outre, les extrémités du mal entraînaient quelque délire de joie, d'après ce qu'il avait ouïe dire. Il allait dans ce sens, jour après jour, non sans amertume, d'autant plus qu'aucune récompense ne succédait jamais à ses méfaits. De toute manière, il ne comptait pas retourner vers ceux qui l'avaient humilié ou s'excuser auprès d'eux. Il n'avait pas beaucoup de dignité, mais il était assez tenace pour s'y refuser. Au demeurant, il n'avait pas le choix. On ne démissionnait pas du Conseil des Ombres, comme cela. A moins de tenir à manger les pissenlits par la racine, cela va de soi. Or, malgré son désespoir croissant, Roxas n'avait jamais -ô grand jamais- été suicidaire. Auto-destructeur oui. Dépressif en ce sens, non. Et il ignorait encore qui il redoutait le plus. Ascheriit, avec son âme aussi inhumaine que son apparence, Benedict, avec son sourire mielleux mais ô combien inquiétant ou encore tous les autres, dont ce Fantôme qui voulait avoir l'air amical ? Ainsi donc, il s'agissait plus de méfiance que de respect, aux yeux de Roxas.
Certes, Fantôme avait la vague impression de ne parler que de futilités alors que Roxas n'y voyait là que confessions intimes. Là faute en revenait en effet aux lieux, qui ne se prêtaient guère à ce genre de charmantes conversations, et surtout à Roxas, qui n'avait rien d'expansif ou justement de charmant.


"Désabusé, serait peut-être plus juste." le corrigea-t-il, comme si rien n'était.

"Ce n’est que la conséquence de toujours penser en rond la même chose pendant des siècles. Ce n’est pas de croire que l’univers n’offre plus la moindre surprise, mais plutôt de croire que plus rien ne peut vous étonner. Quoique, jusqu’à présent, vous avez plutôt bien rempli cet office."

Que dire ? Roxas avait beau de ne pas être immortel ou séculaire, il s'identifiait quelque peu à ses premiers propos. Toujours penser en rond la même chose... Au point d'en devenir fou. Oui, il connaissait cela. Que trop bien. Aussi vrai que les années lui semblaient être des siècles. Quant aux surprises, il n'en avait plus réellement quand bien même il lui était arrivé bien des extraordinaires mésaventures. A croire qu'il s'attendait toujours trop au pire, pour cela. Quant à la dernière affirmation, il ne savait pas vraiment comment il devait la prendre. Mal, sans doute, tant il était susceptible.


Ravi de vous divertir à ce point, répliqua-t-il seulement, conscient qu'il n'était qu'un "être curieux" pour bien des individus.

Voilà encore un point sur lesquels les deux hommes ne pourraient jamais s'entendre : Fantôme était effroyablement franc. Quant à Roxas, disons qu'il n'était plus vraiment un amateur dans l'art de l'hypocrisie ou de la trahison. Aussi tentait-il -l'air de rien- d'apprendre des éléments relativement compromettants sur Fantôme, lequel était malheureusement trop rusé pour se laisser abuser. Il détourna sensiblement -mais non sans subtilité- le sujet :


"J’ai vécu seul pendant très longtemps. Je ne suis plus habitué à avoir de chef à qui rendre des comptes, ni à ce qu’on me donne des ordres. Me sociabiliser ici aurait très mal commencé si je m’étais affiché comme un conquérant indépendant devant le chef de ce groupe, ou d’autre…enfin, ça en aurait peut-être déridé certains."

Roxas fronça légèrement les sourcils, non pas que cette réponse l'offusquait, mais parce qu'encore une fois, il cherchait à cerner Fantôme. Si celui-ci était des plus indépendant, il n'hésitait pas à se faire plus discret et conciliant afin de mieux s'intégrer au groupe. Une attitude tant humble et mature qu'elle ne manqua pas de le surprendre, étant donné les mégalomanes en puissance qu'il avait pris l'habitude de fréquenter. Dérider certains ? Rien n'était moins sûr. Benedict n'était pas le seul à vous adresser un sourire de gentleman tout en nouant déjà la corde qui servirait à vous faire pendre. D'autres devaient ni plus ni moins être privés des muscles faciaux nécessaires pour s'exercer au rire. Roxas était mal placé pour dénoncer cela, certes.
Quoiqu'il en soit, Fantôme avait raison. Il était sage de rester prudent voire effacé face à ces êtres aussi dangereux qu'imprévisibles. Roxas n'avait rien d'un sage, mais il avait au moins compris cela et adopté cette attitude. Or, quoi de plus simple pour un humain, que de faire profil bas ? Et voilà qu'il souriait à nouveau. Était-il trop complexe pour lui de s'abstenir ?


"Aurais-je touché deux points sensibles ?"

Roxas avait une sainte horreur de ce genre de questions ironiques ou rhétoriques. Il l'ignora.

"La victoire de ce groupe ne semble pas vous apporter de joie particulière ; dans ce cas, pourquoi rester ? Par peur de ce qui arriverait ensuite, sans doute ?"

Et il continuait ! Maudit soit-il ! A quoi bon poser des questions pour y répondre l'instant d'après ? Pour étaler son intelligence et sa perspicacité, sans doute.

"Ensuite, je vous gêne visiblement avec mes questions..."

Il était vraiment des plus perspicace, décidément...

"... Puisque ne voulant moi-même pas répondre, vous retournez cela contre moi. Il est vrai que le jeu ne serait pas juste. Soit !"


Soit, rétorqua-t-il simplement, neutre à en être glacial.

A vrai dire, si Fantôme prenait la mouche et mettait fin à ce charmant entretien, il se sentirait quelque peu soulagé. Tout en regrettant un peu d'avoir laissé échapper l'occasion de se faire un allié... Oui, peut-être devrait-il d'avantage allé dans ce sens. Cela faisait fort longtemps qu'il n'avait manipulé personne. Il faut dire que le domaine Dantès était habité par de plus gros poissons que la Fondation Akatsuki, à l'époque. Des poissons ou devrait-il dire des requins, diaboliquement intelligents.


"Vous me demandez mes raisons. Je vous répondrai ceci. Je suis libre : il ne me reste plus aucune raison de vivre, toutes celles que j’ai essayé ont lâché et je ne peux plus en imaginer d’autres, sauf une seule, qui semble une cause perdue d’avance, mais rien que ce fait me décide à la poursuivre malgré tout."

Roxas n'en croyait pas ses oreilles. N'était-ce encore que le fruit de son imagination ou avait-il bien des points communs avec ce surprenant étranger ? L'absurdité de l'existence, la vanité de ses efforts, l'absence d'espoir de changements... Et surtout... Surtout... S'accrocher à une idée, une folle envie, comme un démon, même s'il paraissait impossible que ce rêve se concrétisât... Oh, il ne connaissait cela que trop bien ! Son interlocuteur songeait-il également à se damner pour une femme ? Roxas se garda toutefois d'émettre son opinion.

"A un moment, on m’a dit que je pouvais changer le monde, et pourquoi pas ? J’ai encore assez de forces pour tout recommencer, pour mener le monde à un idéal. Mais que faut-il recommencer ? Pour quoi faire ? Pour quel monde où de toute façon je n’ai plus aucune place, ou même si le monde revenait tel que je l’aimerais ?"

Et ses paroles n'avaient que des échos croissants en lui. Changer le monde... Qui n'a jamais eu cette folle idée ? L'on se sent invincible et capable de tout, à l'aube de sa vie. Hélas, on finit rapidement par apprendre le contraire, à ses dépends. Fantôme pourrait donc idéaliser l'abysse qui leur servait d'univers ? Comme tous les mutants puissants de ce monde, sûrement. Le problème étant que ceux-ci préféraient de loin détruire, de manière générale, et au risque d'avoir la figure de méchants lambdas. Peut-être fallait-il de toute manière tout anéantir pour mieux reconstruire. Et encore une fois, Fantôme n'avait que trop raison. A quoi bon prendre toute cette peine ? Il était tellement plus aisé d'oublier un monde qui ne pensait de toute manière plus à vous, depuis longtemps. Mais alors, que faisait-il ici ? Il ne tarda pas à le divulguer :

"J’aurais dû être mort depuis bien longtemps. Peut-être est-ce une mission suicide que je m’inflige là. Venir ici pour aider à changer les choses. Ou faire une crémaillère pour tous vous dérider."

Il arqua un sourcil, plus que perplexe que son interlocuteur mette ces deux projets sur le même niveau. Et pourtant, l'exploit ne serait pas mince s'il parvenait à réunir les membres du Conseil des Ombres dans la joie et la bonne humeur, et surtout, sans accident. Rien qu'avec la présence d'un monstre tel que Ikon, l'idée se révélait impossible, selon Roxas.

"C’est une raison comme une autre pour chasser l’ennui. C’est une raison comme une autre pour marcher chaque jour. Vous, au moins, vous avez une date limite, celle de votre mort, et tout doit être fait avant."

Roxas était très reconnaissant que Fantôme lui rappelle cela...

"Moi, quelle limite aurais-je ? Quelle finalité donne une raison à faire des choses que j’ai déjà faites à satiété ? Voyez comme vous êtes chanceux. C’est sans doute pourquoi vous êtes ici, dans ce groupe, vous aussi. Je ne m’étonnerais pas que vous ayez plus d’espoir que les autres. La question est : pourquoi, de votre côté ?"

C'était à son tour de prendre la parole ? Il devait avouer que les mots lui manquaient après avoir ouïe un tel discours.


De l'espoir ? Je n'ai pas plus d'espoir que les autres. Au contraire, répondit-il, plus songeur qu'hostile. Ils rêvent tous de vengeance, de pouvoir, de destruction. C'est cela qui leur permet d'avancer si sûrement.

Comme il les enviait. Le maitre des lieux, les membres du conseil, chacun d'eux; ils semblaient si peu enclins à éprouver des regrets ou même des doutes ! Ils faisaient le mal et ils le faisaient bien, sans hésitation aucune. Ou alors, ils cachaient fort bien leur jeu. Comment certains avaient-ils eu la chance de devenir aussi inhumains ? Non sans souffrance, lui semblait-il. S'il voyait tout brûler ou sauter sous ses pieds, il doutait fort d'être ému, à vrai dire. Le pouvoir n'était plus vraiment sa priorité... La vengeance quant à elle, il l'avait déjà obtenue sur certains et les autres ne devraient plus trop attendre, mais finalement, ce n'était pas ces sentiments qui l'animaient le plus... C'était encore l'amour, ce dont ses "alliés" se moqueraient fort. Oui, il aimait de manière totalement irrationnelle et immodérée. Si Fran n'était pas ici, par il ne savait quel effroyable procédé, il n'aurait jamais vendu son âme à Ascheriit. C'était fou de sa part, d'autant plus que son espoir semblait vain. Il avait plutôt donné toutes les raisons à Fran de le mépriser plutôt que de l'aimer mais... C'était plus fort que lui. Et elle semblait tant avoir changé...
Roxas n'avait pas l'habitude de s'ouvrir, surtout sur un tel sujet. Alors pourquoi était-il si tenté de s'épancher ? Fantôme ne devait pas manquer de charisme et d'éloquence. Et surtout, lui se sentait très seul. Après tout, Fantôme en avait déjà entendu assez, avant de l'aborder.


Elle ne se donnera jamais à moi, j'en ai conscience, déclara-t-il enfin. Mais cela ne signifie pas pour autant que je ne l'obtiendrai jamais, n'est-ce pas ?

Et ce fut tout.

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Lun 27 Fév - 20:21

En ce qui concernait la solitude, Andréas ne pouvait nier que celle-ci avait toujours été de son fait, de sa propre volonté. S'il se tenait à l'écart, s'il se mêlait relativement peu aux autres, c'était bel et bien parce que sa nature était solitaire, à la base. Aux gens qu'il aimait véritablement, il avait justement trop de mal à leur dire qu'il les aimait. Son problème, était qu'il avait toujours fait passer ses idéaux, son désir de changer les choses, avant la famille ou les amis. Même avant les amours. Il ne comptait plus le nombre de sales coups qu'il avait faits, ces mêmes bassesses qui le faisaient se dégoûter de lui-même et le poussaient dans l'obscurité la plus complète d'une pièce vide, avec ses pensées et souvenirs pour seule compagnie.
Le point en lequel il se différenciait de Roxas, c'était la croyance de celui-ci en une sorte de fatalité. A ses yeux, il n'y avait rien de plus stupide, car seul le libre-arbitre existait. Le destin était tel qu'on le forgeait. On ne le subissait pas, on le créait, par ses actes, inéluctablement, et on y aurait toujours une part de responsabilité. Que Roxas prenne bien garde à ne pas lui donner cette vision des choses ! Ce n'était ni les autres, ni la fatalité, mais soi-même, qui faisait ce que l'on devenait, par la capacité à réagir aux évènements extérieurs. Par conséquence, si Roxas s'enfonçait, qu'il accuse d'abord lui-même, avant les autres - ce qui semblait parfois être le cas, vu son attitude défensive et froide. On pouvait certes faire le superbe pour un temps ; mais ça n'était qu'un masque. Jamais le vrai soi-même. Jamais la personne qu'on était vraiment.

Même celui qui avait le plus perdu, avait peut-être quelque chose à perdre. Mais aucun des deux hommes ici présents, ne semblaient véritablement s'en rendre compte, trop entêtés, trop désabusés, trop désespérés par le poids des ans ou des victoires inaccessibles. N'était-ce pas ce qui les rendait fous, d'une certaine façon ?...Nul ne pouvait pourtant nier qu'ils croyaient encore en ou à quelque chose ; car sinon, ils ne seraient pas là. Ils tenaient encore à quelque chose, même si cela les rendait extrêmes, ou les poussait à ne jamais regretter ce qu'ils faisaient, à ne jamais véritablement regarder en arrière. Disons donc qu'ils se ressemblaient en certains points, et d'autres non. Il devinait donc bien que certains mots qu'il prononçait avaient une certaine résonnance en Roxas, sinon, il ne serait pas resté là à l'écouter, surtout qu'il venait assez clairement de lui dire qu'il le divertissait (même s'il le pensait avec plus d'élégance que cela.) Mais quelles paroles, quelles idées faisaient naître quelque chose dans l'esprit de Roxas ? Cela, il était bien incapable encore, de le savoir clairement, même s'il pouvait en esquisser quelques-unes. Il aurait été surpris de la profondeur d'esprit de Roxas...probablement déçu de voir sa vision des choses...mais en tout cas, il l'aurait estimé, peut-être. Disons qu'il n'était pas un pantin sans aucun esprit, un humain sans valeur. Toujours cette même lutte entre "humain" et "mutant"...comme si le second ne pouvait être aussi stupide que le premier !



Ravi de vous divertir à ce point, lança alors Roxas, sans doute avec un peu de mauvaise grâce.

Pour toute réponse, Fantôme s'inclina légèrement.


"Votre humble serviteur", dit-il, mais il y avait plus de neutralité, d'habitude, que d'ironie dans sa voix. "Je dois certainement vous passionner vous aussi quelque peu, pour que vous restiez là à m'écouter monologuer."

Fantôme, combien de fois t'avait-on dit que tu étais idiot et que tu ferais mieux de te taire ? Qu'importe, ça lui passait toujours au-dessus de la tête. Trop franc, quand ça l'arrangeait, trop direct. Sans doute le faisait-il car cela forçait les autres à se montrer tels qu'ils étaient, à réagir directement, sans trop réfléchir, quitte à lancer les trucs les plus stupides. Incurable. Quoiqu'essaya d'obtenir de lui Roxas - des aveux ? allons bon ! - il choisit plutôt de détourner le sujet, tout en disant une partie de la vérité. Benedict était un sujet dont il n'avait pas envie de parler, en priorité. Certaines autres choses non plus. On ne l'atteignait pas si facilement.

Certes, son attitude était quelque peu contradictoire et paradoxale. Mais qu'est-ce qui ne l'était pas dans ce monde ? L'indépendance ne voulait pas dire qu'on ne cherchait pas à s'intégrer aux autres, au contraire. Cela permettait de mieux les juger, de l'intérieur. D'un point de vue extérieur, celui d'avant, et celui intérieur, d'après. Ainsi on pouvait avoir une vision complète. Et Fantôme n'était pas un complet misanthrope non plus, il fallait le préciser. Et il faisait des efforts, vraiment, pour ne pas paraître rebelle ou insupportable, même si ça ne semblait guère plaire à Roxas. Fantôme préférait toujours le sourire à la neutralité, pour sa part. On identifie les gens avec leur sourire, plus qu'avec un masque. Cela prouvait aussi qu'il avait encore une minuscule part d'humanité. Sourire était un de ces actes quotidiens qui demandaient un courage parfois terrible, pour ne pas dire admirable, comme le disait ce cher Sartre. Au fond de certains minuscules gestes, il y avait un grand acte d'héroïsme.

Bon, Fantôme aimait bien monologuer, certes, mais pas trop dans le vide. Visiblement, il irritait Roxas plus qu'autre chose ; devait-il donc en déduire que bien des choses se cachaient donc derrière cette apparence si glaciale ? Roxas ne serait pas le premier homme à arborer une carapace pour cacher un volcan intérieur. Andréas n'eut droit qu'à un "soit", en réponse au sien, qui l'exaspéra assez, suffisamment pour le faire lever les yeux au ciel. Mais malgré tout, il continua sur sa lancée, tant qu'à faire. Autant ne pas laisser les choses inachevées, c'était si peu digne. Et puis tout ce qu'il pouvait dire, il le disait à quelqu'un de son camp, n'est-ce pas ? Allons, même Andréas n'était assez idéaliste ou croyant en l'homme pour penser cela complètement. Encore une fois, Roxas avait peut-être l'impression qu'il lui livrait beaucoup, mais pour lui, c'était des banalités. Peut-être parce que cela appartenait à un ancien Andréas : celui qui avait cru pouvoir changer les choses. Quelque part, on est toujours distant de l'enfant qu'on a été, la part de l'enfance avec ses illusions et ses rêves, une fois la vie adulte commencée. Sans se douter donc des pensées de manipulations (ou du moins les gardant en arrière-plan de la situation présente) de Roxas, Andréas continua à parler. Il était heureux que physiquement parlant, il ne ressente plus vraiment la soif ou la fatigue.

Oui, Roxas touchait là où cela heurtait, mentalement. Certes, il y avait l'absurdité de l'existence, le fait de ne plus croire au changement...mais il y avait aussi, quelque part, cette chose dont on dit que nombre d'histoires commencent avec elle : une fille. Une femme. Un amour. Le regard d'Andréas s'assombrit peut-être légèrement, bien que Roxas ne dise encore rien pour l'instant. Si seulement il n'y avait que cette femme, mais il y avait tout ce qu'il y avait eu avec et avant elle, l'idéalisation, et la folie, et la perte. Andréas ne se répèterait jamais assez cela : dans les yeux d'une femme, ce qu'il cherchait, quelque part, c'était le regard de sa soeur perdue. Soit. Tout cela, c'était avant, c'était l'innocence, l'illusion, l'émerveillement, et puis tout avait changé, car tout avait perdu de son sens au bout d'un temps. Il ne pouvait dire que quelques espoir ne restait pas blotti en lui, quelque part, attendant qu'on le ranime. Mais c'était si long, si appartenant au passé. Et il en était si fatigué, de toute façon, qu'il s'accrochait à ce qui pouvait encore faire durer cette espérance : le Conseil des Ombres. Quand bien même ce dernier songeait plus à annihiler qu'à construire, à détruire qu'à faire renaître. Qu'importe ; s'il le fallait, il se mettrait, dût-il cela lui en coûter la "vie", se mettre du côté des reconstructeurs, à ce moment-là. A lui, cela ne lui servirait pas, certes. Mais il y en avait certains autres, dans le passé, à qui il avait fait cette promesse de se battre, et il tenait toujours ses promesses. Et il y en avait d'autres, dans le futur ou le présent, qui en valaient la peine.
Quant à la crémaillère, n'en doutons pas, il serait assez fou pour essayer de l'organiser...

Bref, il avait fini son blabla si usé et ressassé au cours des siècles. L'homme en face de lui, l'humain, avait-il mieux à proposer ? Apparemment non, même s'il semblait plus rêveur que véritablement déclarer à faire la guerre au monde. Andréas le considéra d'un oeil curieux et intéressé, au fur et à mesure qu'il parlait.

De l'espoir ? Je n'ai pas plus d'espoir que les autres. Au contraire. Ils rêvent tous de vengeance, de pouvoir, de destruction. C'est cela qui leur permet d'avancer si sûrement.

Andréas fit un pas en avant, avant de rester immobile, fixant Roxas en face, le sourcil froncé. Presque sévère, à vrai dire.

"Vous devriez en avoir. Les humains se nourrissent d'espérance, même envers le plus fou des projets, et nous de son contraire. Vous devriez en avoir," répéta-t-il, presque machinalement. "Vous avez bien quelque chose qui vous fait tenir debout, qui vous fait rester là, même si je vous ennuie. Et bien sûr qu'ils avancent sûrement. Quand on n'a pas de doutes, quand on ne se remet pas en question, on est toujours sûr de soi. C'est ce doute qui nous rend humains. Qui fait que nous ne sommes pas des machines."

Il aurait pu s'étendre sur le sujet, certes. Mais il lui semblait déjà avoir tout dit. Il tenait sans doute trop d'un idéalisme, mais qu'y pouvait-il ? Il avait toujours fonctionné ainsi. Non, Andréas, lui, n'enviait pas ces gens qui ne regrettaient jamais. Ou c'était que le monde serait devenu trop sombre et totalitaire, et uniforme. Il y avait une différence entre cela et faire le mal avec assurance, pour une raison précise, à ses yeux. Quand à la chance de devenir inhumain, tout dépendait encore du point de vue, à jamais. Chance, parce qu'on ne se posait plus de questions, sans doute, on agissait comme une machine bien réglée : et tout le reste n'était que perte.
Et puis il sembla que la réserve de Roxas diminua un peu, quelles que soient les pensées l'y ayant poussé.

Elle ne se donnera jamais à moi, j'en ai conscience, affirma-t-il. Mais cela ne signifie pas pour autant que je ne l'obtiendrai jamais, n'est-ce pas ?

C'était une femme, donc. Tout cela était pour une femme. Andréas ne fit qu'avoir la confirmation de la toute première parole qu'il avait entendue de Roxas. Il resta silencieux un instant, considérant son interlocuteur, avant de baisser le regard.

"Heureuse la femme qui a trouvé à qui se donner, car elle ne sera jamais reprise." fit-il enfin, avec une pointe de cynisme.

Fantôme releva les yeux vers Roxas, et peut-être que le côté impénétrable de son visage était cette fois empli d'un certain sentiment de compassion ou de partage, entre ces deux hommes qui connaissaient le même problème.


"Certes non," reprit-il. "On trouve toujours le moyen de les obtenir, de gré ou de force. Reste à voir, ensuite, la dignité qui nous en reste, le regret qui viendra, et quand la mort viendra, si on n'aurait pas voulu tout refaire. S'acharner tant de temps à dire qu'on les aime, sans pouvoir le dire véritablement, comme une passion pour laquelle on ne trouve pas les mots. Et on s'en mordra les doigts. Vous avez encore le temps ; vous devriez refuser, et chercher quelqu'un d'autre, et trouver une autre qui vous rendra heureux. A ne pas gâcher votre vie. Mais je sais que les obsessions ne peuvent être défaites. Jamais. C'est cela qui nous perd."

Il se tut, puis eut un geste d'énervement envers lui-même.

"Bah, qu'est-ce que cela peut faire, que je fasse le moraliste, quand on connaît la même galère ? Je ne me serais pas écouté, pourquoi le feriez-vous donc, si elle mérite que vous vous damniez pour elle ?"

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Mar 27 Mar - 17:28

Roxas était-il aussi solitaire qu'Andréas ? Faux. Mais de toute évidence, il n'en demeurait pas moins seul. N'avait-il pourtant pas toujours cherché à s'épargner cette solitude et la mélancolie exacerbée qu'elle engendrait ? Il avait aimé bien des femmes, il avait tenté de fonder une famille... Il avait eu nombre de collègues, parfois même quelques amis. Mais à quoi cela l'avait-il mené, si ce n'est au néant ? Le meilleur ami qu'il avait jamais eu était mort. Ils ne se supportaient de toute façon plus depuis très longtemps, au point que Roxas ait en partie participé à cet homicide, en le trahissant. Certains membres de sa famille, qui n'avaient -vraisemblablement- pas encore été assez déçus, étaient revenus vers lui, il y a peu. Cette fois-ci, ils ne furent pas déçus du voyage. Ils devaient probablement le mépriser, sans exception.
Ne restait qu'une femme qu'il adorait à l'excès. Mais il devait l'indifférer, l'effrayer au mieux, lorsqu'il tentait de faire un pas vers elle. C'était peut-être parce qu'il n'avait connu que des échecs affectifs ailleurs, qu'il se tournait vers Fran avec tant de ferveur. Mais qu'y pouvait-il ? Tout cela était plus dépendant de la volonté de la fatalité que de la sienne... Tel avait toujours été le cas, sinon, cela voudrait dire qu'il avait volontairement produit son auto-destruction entière et totale... Non, il ne voulait pas y songer. Fran... Fran pourrait le rendre heureux. Elle en détenait le pouvoir ! Pourquoi ne l'écoutait-elle pas ? Pourquoi ne l'entendait-elle même pas ?


*Je l'aime. Je la hais. Mon existence est infernale,* songea-t-il, non sans amertume.

Il dissimulait toutefois son caractère de grand désespéré à Fantôme pour se montrer hermétique à tout sentiment, toute approche, ainsi que passablement sarcastique et arrogant. Il en fallait cependant bien plus pour dérouter son excentrique interlocuteur :


"Votre humble serviteur. Je dois certainement vous passionner vous aussi quelque peu, pour que vous restiez là à m'écouter monologuer."

Il avait une sainte horreur des personnages dotés d'une franchise à la limite de la décence. Il exécrait les personnalités hautes en couleur au point d'en devenir grotesques. Et pire, il détestait le fait qu'elles lisent merveilleusement en lui, et qu'il les admire pour cette perspicacité et cette aisance à s'exprimer !


Le son de votre voix ne m'est pas insupportable, si toutefois je n'en suis pas aussi fan que vous-même, se contenta-t-il de rétorquer, le visage relativement fermé.

"On identifie les gens avec leur sourire, plus qu'avec un masque," songeait Fantôme. Qu'à cela ne tienne ; il n'était par conséquent pas prêt d'identifier Roxas. Et pourtant, la statue qu'il semblait incarner n'était que le dôme d'un véritable volcan, qui ne demandait qu'à exploser. L'humain n'était, au demeurant, pas le seul paradoxe ambulant, ici présent. Fantôme avait beau l'air de n'être point avare en honnêtes paroles, il contournait à merveille certains sujets que Rafael eut volontiers abordé... En outre, l'on devait bien avouer que Fantôme n'était point dénué d'un certain courage. Beaucoup auraient déposé les armes depuis longtemps, face à quelqu'un qui alimentait aussi peu le dialogue que Roxas.

"Vous devriez en avoir. Les humains se nourrissent d'espérance, même envers le plus fou des projets, et nous de son contraire. Vous devriez en avoir." le sermonna alors Fantôme.

Baldwin l'observa de manière ineffable. Si l'Homme était ainsi caractérisé par l'espoir, Roxas était-il devenu si peu humain ?


*Qui sait ? Peut-être que je n'ai pas d'âme...*

Ou plutôt, Fran était son âme. Son âme damnée.

"Vous avez bien quelque chose qui vous fait tenir debout, qui vous fait rester là, même si je vous ennuie. Et bien sûr qu'ils avancent sûrement. Quand on n'a pas de doutes, quand on ne se remet pas en question, on est toujours sûr de soi. C'est ce doute qui nous rend humains. Qui fait que nous ne sommes pas des machines." enrichit-il.

Roxas resta tout d'abord muet. Il ne comptait pas trop s'épancher sur le sujet "Fran", qui s'avérait tantôt idyllique, tantôt démoralisant, mais quoiqu'il en soit toujours obsédant. Des doutes, en revanche, il en avait à revendre. En réalité, il en était constamment submergé, au point de toujours changer d'avis au moment où l'on s'y attendait le moins, pour le meilleur et le pire, et, il fallait l'admettre, plus souvent le pire. Il n'était donc pas une machine. Formidable.


Les êtres ainsi faits existent réellement ? demanda-t-il, non sans songer à certains membres hautement placés du Conseil des Ombres, ne serait-ce que Benedict.

Peut-être ne s'agissait-il que d'une façade... Hélas ! Elle semblait tellement épaisse et inexpugnable ! Roxas avait fini par se confier... Et quelle confidence ! Si le terme de viol n'avait pas été prononcé, et si probablement aucun des deux n'osait même y songer... Il lévitait toutefois ici et là, dans l'air. Roxas obtiendrait Fran, coûte que coûte. La première réaction de Fantôme s'avéra inattendue :


"Heureuse la femme qui a trouvé à qui se donner, car elle ne sera jamais reprise."

Plait-il ? Roxas n'était pas certain de comprendre... Excluait-il le fait que de maudites filles de joie se donnent à tort et à travers, à n'importe qui ? S'il n'était pas le plus compréhensif des hommes, Baldwin réalisait toutefois qu'un changement venait de s'opérer chez son interlocuteur. C'était tout ça, lui : Roxas devait avoir le don secret d'assombrir le plus souriant des hommes.

"Certes non. On trouve toujours le moyen de les obtenir, de gré ou de force." admit-il ensuite.

"Reste à voir, ensuite, la dignité qui nous en reste, le regret qui viendra, et quand la mort viendra, si on n'aurait pas voulu tout refaire."

De la dignité, Roxas n'en avait aucune et en avait parfaitement conscience depuis un certain temps. Aussi ne se posait-il pas la question. En revanche, il n'était pas certain de demeurer exempt de regrets. Ma foi, il vivrait avec, en évitant de songer à la mort, de préférence. Après tout, il ne demandait rien qu'un instant de bonheur...

"S'acharner tant de temps à dire qu'on les aime, sans pouvoir le dire véritablement, comme une passion pour laquelle on ne trouve pas les mots. Et on s'en mordra les doigts."

Les termes qu'employait Fantôme avaient de plus en plus d'échos en Roxas. Comment ? Se pourrait-il qu'ils partageassent un tel point commun ? Il sentait la motivation le conquérir lorsque Andréas changea subitement de direction, du moins, à ses yeux :

"Vous avez encore le temps ; vous devriez refuser, et chercher quelqu'un d'autre, et trouver une autre qui vous rendra heureux. A ne pas gâcher votre vie. Mais je sais que les obsessions ne peuvent être défaites. Jamais. C'est cela qui nous perd."

Il resta tout à fait immobile et silencieux, comme s'il était tout juste vivant. Il avait beau se répéter et se répéter inlassablement le... "conseil" de Fantôme, celui-ci ne trouvait aucun moyen de s'intégrer à son cerveau. Chercher quelqu'un d'autre ? Devenir "heureux" avec une autre ? Ne pas gâcher sa vie ? Non, non, et re-non ! C'était hors de question ! C'était totalement inconcevable. De toute manière, sa vie était déjà gâchée... Honnêtement, pouvait-il sombrer plus avant dans les ténèbres qu'en se joignant au Conseil des Ombres ? Fort heureusement, Andréas se montra moins extrême par la suite ; une chance, car Roxas aurait pu -très- mal réagir.

"Bah, qu'est-ce que cela peut faire, que je fasse le moraliste, quand on connaît la même galère ? Je ne me serais pas écouté, pourquoi le feriez-vous donc, si elle mérite que vous vous damniez pour elle ?"


Je le suis déjà. A elle de juger si elle veut d'un damné, rectifia-t-il.

*Je lui donne le choix... La mort ou l'amour.* garda-t-il pour lui.


Que vous est-il arrivé ? demanda-t-il alors, passablement intéressé.

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Dim 8 Avr - 21:38

Aimer, Andreas l'avait fait, certes. Par contre, fonder une famille...oh, il ne doutait pas que peut-être quelques enfants naturels devaient s'être glissés, par-ci, par-là, mais alors ce n'était que par des femmes passagères dont il n'avait plus entendu parler - ou choisi de ne plus en entendre parler. Peut-être. Il ne saurait jamais, après tout. Et puis, il ne pouvait dire que sa descendance aurait un grand héritage à lui réclamer. Par contre, trahir, n'était dans ses manières que lorsqu'il n'avait pas d'autre choix. Ou quand cela servait son plan. Oui, en fait, il n'était guère différent des autres, sur certains points, si ce n'était qu'il se moquait complètement de ce que pensaient les autres.

Quant aux femmes, eh bien, elles étaient celles qui pouvaient vous amener au sublime comme à la déchéance. C'était bien une des lois fixes de l'univers, qu'on soit mutant ou humain. Elles s'en rendaient compte, ou pas. Et souvent elles en jouaient...Les deux êtres ici présents pouvaient très bien en témoigner...si on avait réussi à les persuader de le faire. Oui, Roxas avait raison : leur existence était infernale, intenable, dans un équilibre précaire, parce qu'ils les aiment, autant qu'ils les haïssaient. Le pas entre les deux était très vite franchi. Pour tout dire, il était rare qu'il n'y ait jamais un brin de haine dans l'amour, et vice-versa.

Enfin, qu'importait, s'ils partageait sur le fond une semblable passion désespérée (et c'était probablement la seule chose), sur la forme, ils ne se ressemblaient pas, bien au contraire. Certes, Fantôme n'appréciait pas non plus les personnages trop haut en couleurs, provoquant au point de l'ennuyer de manière considérable, mais il n'aimait pas spécialement non plus ceux qui se complaisaient à être des ombres, comme jamais maîtresses de leur sort...cela avait un certain côté pitoyable, dans une vie qui l'était déjà, dans l'absolu, et ce pour tous.

"Le son de votre voix ne m'est pas insupportable, si toutefois je n'en suis pas aussi fan que vous-même." répliqua Roxas, l'air impassible.

"Loin de moi l'idée de m'aimer parler", fit Fantôme en fronçant les sourcils. "Ce n'est pas ma faute, si je dois meubler la conversation parce que vous ne me faites pas spécialement confiance, et restez discret. C'est une qualité que j'ai rarement."

Oui, en vérité, il n'aimait pas ceux qui se taisaient trop longtemps, dissimulant trop de choses, car on ne savait jamais ce qui était caché...il n'adorait pas la transparence, mais le côté hermétique ne lui plaisait pas non. Selon lui, il y avait un minimum de confiance à avoir...même s'il n'en faisait pas toujours preuve pour les autres. Que voulez-vous ; les mutants ne changeaient pas. Trop occupés à préserver les plans secrets dans l'ombre...cette pensée l'irrita, parce qu'il s'y retrouvait ; il fit quelques pas, avant de se retourner vers Roxas, observant ses réactions face à ce qu'il disait. Malheureusement, l'expression de Roxas était toujours aussi impassible. Etait-il possible de ne jamais être fatigué des masques que l'on portait ? Andréas, lui, en avait assez, parfois, complètement par-dessus la tête. Parce que ça n'avait aucun sens, au final.

"Les êtres ainsi faits existent réellement ?" interrogea son interlocuteur, après un silence que Fantôme ne savait comment interpréter.

L'avait-il remis en question ne lui disant sa définition de l'humanité ? Ou cela l'avait-il renvoyé à son passé, à son choix d'être ici, anomalie humaine parmi les mutants ? Ou alors, il était "content" de découvrir qu'il n'était pas une machine. Fantôme espéra que ce n'était pas cette dernière solution qui l'emportait. La simple idée l'en fit lever les yeux au ciel.


"Vous êtes plutôt bien placé pour répondre à la question, non ?" fit sèchement Fantôme. "C'est vous l'humain ici, pour autant que je sache. On sort tous du ventre d'une femme, il faut bien que nous en ayons quelque séquelle. Même si nous avons ensuite travaillé à être inhumains."

Oui, le terme de viol flottait, ici et là, dans l'air, dans l'esprit ou le subconscient des deux êtres ici présents. (Filles de joie ? Fantôme n'avait jamais fréquenté cette engeance-là.) Joyeuses pensées, donc. Fantôme ne pouvait dire qu'il n'y avait pas songé. N'avait-il pas emprisonné Asmodée pendant des mois, dans l'espoir de la créer à son image, de la forcer à l'aimer, par un complexe processus de volonté ? La traitant comme une créature, une poupée, sa création ? Ne l'avait-il pas pourchassée pendant longtemps, même si cela avait failli lui coûter la vie ? Qu'était-ce cela, si ce n'était du viol, qu'il soit physique ou mental, ou de l'obsession malsaine et extrême ?
Et puis restait donc la question de la dignité, de l'honneur perdu, du regret. De la conscience, en quelque sorte. Bah, quelle conscience, ou ce qu'il en restait...Quand on était obsédé à ce point, plus rien n'avait d'importance. Y compris soi-même...Y compris la mort...Tout, en somme. Ils s'en moquaient éperdument, du moment qu'ils arrivaient à leurs fins, ou presque...

Et puis quelque chose d'autre dans le discours d'Andréas fit taire Roxas, alors qu'il semblait presque sur le point de dire quelque chose. Il se serait retenu de parler, s'il l'avait su, mais c'était trop tard. Roxas n'avait même plus l'air vivant...ah, s'il commençait son arrivée au Conseil des Ombres en tuant un de ses membres, et même pas celui qu'il voulait ! Belle publicité dont il n'avait pas besoin. Mais la statue s'anima de nouveau ; pas aussi violemment qu'elle aurait pu le faire, cependant.


"Je le suis déjà. A elle de juger si elle veut d'un damné." corrigea Roxas, ôtant tout espoir au salut qu'il aurait pu avoir. (Il l'aurait ôté encore plus en pensant au "choix" qu'il offrait à Fran.)

"Elles ne veulent pas des damnés. Ou alors il faut qu'ils aient un peu de lumière en eux." dit simplement Fantôme, cynique. "Ou bien il faut qu'elles évoquent à tel point l'innocence, qu'on sent que tout est possible à nouveau."

Il haussa les épaules, songeant à Louise, puis aux autres femmes qu'il avait connues. Ca n'avait guère de sens, tout cela, en vérité. Mais il ne continua pas plus loin sa réflexion, car son interlocuteur l'interrogeait à nouveau. Avec un certain intérêt, lui sembla-t-il, ce qui était un remarquable progrès dans les évolutions faciales de Roxas.

"Que vous est-il arrivé ?"

Ce fut au tour de Fantôme de perdre son aspect souriant. D'amical, ou cordial, il devint soudain...froid. Le regard qu'il reposa sur Roxas devint impénétrable, comme le jugeant de nouveau, soupesant en sa pensée ce qui était sage d'être dit, ou non. Soupesant ce qui était sa faiblesse...face au poids que pouvait avoir telle révélation. Ses yeux se remirent à flamboyer, presque fous, juste l'espace d'un instant, avant qu'il ne se décide à dire, lentement :

"Mon histoire, c'est la même que la vôtre, avec quelques variantes dans l'équation, sans doute. Pourtant, j'en ai connu d'autres, plus dignes peut-être ! Rêver, pourchasser une femme inaccessible, une femme pour qui on ferait tout, et qui ne veut toutefois pas de vous, quoique vous fassiez, parce que vous la dégoûtez, ou elle ne se souvient plus de vous. La majeure différence avec vous, c'est qu'elle m'a aimée d'abord...et maintenant..." Il haussa les épaules, tapant dans ses mains. "Disparu ! Qu'importe. Tant qu'elle est en vie, il y a toujours une chance."

Mais Roxas ne saurait jamais le reste. Benedict, Zell...sa soeur, les gens qui avaient réussi à lui donner envie d'être meilleur...Les rêves d'idéal, sa quête éternelle de qui il était...Non, cela était à lui ; cela du moins était à lui.

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Dim 29 Avr - 0:21

=> [2ème Etage, Aile Ouest] Salle de Réunion

Une honte. Une humiliation ! La créature en lui s'était débattue, souhaitant se battre. Un fantasme le montrait, enflant, se métamorphosant au milieu de cette salle de réunion pleine de salopards, jusqu'à ce que les murs éclatent sous la pression. Ou alors, faire trembler le manoir et laisser la terre l'avaler, Razzus et tous les autres. Mais il n'en avait rien fait. Ascheriit ou Akhad lui aurait tranché la tête avant même qu'il n'enclenche son pouvoir... Pas de nouvelles, juste l'annonce du conseil d'administration que le corps de Magnus Brochant avait été découvert. Même pas d'enterrement. La chose lui avait semblé étrange, mais il n'avait pas creusé. Aphiss avait expliqué la situation à Eros, mais celui-ci n'avait pas trouvé de trace de Razzus. Il aurait dû se douter que l'esprit du "Maitre des Ténèbres" était un puit sans fond. De son propre fait, ou de sa femme. Quelle importance... Il sortit son portable pour contacter Roman, mais arriva sur la messagerie.


Il a débarqué en plein Conseil, Roman ! Brochant, il n'est pas mort, il m'a humilié. Je vais devoir le tuer pour leur prouver que j'ai mérité ma place. A très bientôt.

S'il tuait Razzus, les autres devraient reconnaitre qu'il méritait sa place au Conseil. Même Ascheriit ne pourrait rejeter sa puissance.

Quelque part, Henry Wotton semblait délirant, et profondément désespéré, mais il connaissait Magnus. Il n'allait pas l'épargner, Brochant allait l'éliminer pour lui faire payer sa trahison.

Alors il fit la seule chose raisonnable à faire. Quitter la salle, obéir. Mais une fois dans le parc, il se placa à l'écart avant d'entamer sa métamorphose. Le dragon déracina un arbre d'un coup de queue. Il aurait pu mettre le feu au domaine, par vengeance, mais il voulait faire partie du mouvement. Mieux valait éliminer le vrai problème. Le dragon s'éleva pour venir planter ses griffes dans la toitures. Ainsi suspendu, il voyait le parc et l'entrée de la demeure. Il attendit, attendit... Du mouvement. Lucia, suivie d'Emma Frost. Des dommages collatéraux, quel dommage ! Et à leur suite, ce faux bellâtre de Razzus. Alors il fondit droit sur lui, le feu jaillissant de sa gueule. Juste au bas des escaliers, Magnus ne l'avait pas encore vu. Il émit un rugissement ardent, Magnus devait trembler pour mourir.


Dernier Message... Probablement !

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Jeu 3 Mai - 14:24

=> [Second étage - Aile ouest] Salle de Réunion

A la suite de Lucia et Emma Frost, Magnus passa le porte du Manoir et descendit les escaliers menant au parc. Un crissement de griffes, claquement de mâchoires, hurlement de bête, puis la chaleur suffocante du souffle de la bête. Lorsqu'il lève la tête, Razzus se trouve face à la gueule béante d'Aphiss. Mais un sourire lui échappe.


Vous auriez pu vivre, Monsieur Wotton.

Avant d'être happé et broyé par les dents d'ivoire de la créature, celle-ci se tord soudain en laissant échapper un hurlement de douleur. Sur le ventre du dragon, quatre larges estafilades ont entamés sa chair. Une immense créature d'ombre se détache d'Henry Wotton tandis que celui-ci s'écrase dans l'herbe, tracant un large sillon derrière lui. Razzus n'a pas bougé durant l'attaque, mais son aspect s'est désagrégé, regagnant son apparence de grande créature blanchâtre. Il lève alors vers la créature d'ombre qui flotte dans le ciel, une main griffue.

Vous vous prenez pour la créature la plus dangereuse sur terre, Monsieur Wotton. Je vais vous montrer que même votre ombre est plus dangereuse que vous...

De la main de Razzus s'échappent des filaments noirs et violets, filants vers la créature d'ombre. Alors celle-ci gonfle, se solidifie, d'énormes pattes écailleuses surgissent, une queue surmontée de pointes acérées, un museau large, épais, noir comme la nuit, puis le corps dense, d'un noir brillant, du corps d'un dragon de presque deux fois la taille d'Aphiss. Ses griffes argentées en avant, la créature s'effondre sur Henry, l'écrasant de son poids. Sa gueule exhale un souffle noir et empoisonné qui enveloppe sa victime tandis que ses griffes lui lacèrent la chair, déchirant ses écailles, ses muscles, le dragon hurle de douleur, et lentement, sa métamorphose s'efface. Alors le dragon d'ombre s'efface à son tour. Nu, couché sur le sol, le corps en sang, Henry Wotton halète sur le sol. Il ne tente même pas de bouger, ses muscles broyés, ses os écrasés ne lui permettent pas. Magnus s'approche, et le retourne sur le dos, du pied.

Puis-je vous épargner, Monsieur Wotton ? Vous avez trahi, menti... Plus amusant encore, vous avez songé à me tuer. Votre ombre vous a abattu, Henry, n'est-ce pas pathétique ?

Henry Wotton crache du sang avant de parler.

-"Vous serez... Vous serez vaincu... Magnus ! Un jour où l'autre."

Peut-être, Henry. Mais pas par vous.


Un trou noir s'ouvre sous Aphiss, comme une tombe taillée pour lui dans les ténèbres. Lentement, son corps en sang y tombe. Les deux hommes échangent un regard. Et sur un clin d'oeil de Razzus, le trou noir se referme. Il se détourne et s'éloigne, autant promener avant d'aller voir Ascheriit. Et tandis qu'il s'éloigne, il murmure, pour lui-même...

Je ne me suis pas battu, Monsieur Wotton. Simplement votre ombre.

Sur un léger sourire, les mains dans le dos, Magnus Brochant regagne son aspect le plus plaisant avant de disparaitre dans l'ombre de la forêt.

=> ?

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Sam 5 Mai - 12:53

Il était relativement surprenant que deux êtres si contraires aient trouvé un tel point commun sur lequel s'entendre. S'il ne serait pas juste de qualifier Fantôme exactement de soleil, le mutant avait un je ne sais quoi de rayonnant et de vivace, malgré son pseudonyme. Roxas avait la vague impression d'être le seul véritable spectre ici. La seule Ombre... Il avait la nuit dans l'âme. Comment se pouvait-il qu'ils aient connu les mêmes tourments au sujet d'une femme et que Fantôme ne soit pas aussi... Roxas ne savait pas lui-même comment se considérer, de peur de se montrer trop rude avec lui-même. Ou plutôt trop franc. Aussi misérable ? Aussi lamentable ? Aussi désespéré ? Roxas enviait sa force de caractère, autant qu'il en avait horreur. Fantôme ne devrait pas rire de tout et se montrer aussi insouciant. Et comment Diable pouvait-il aborder tous ces sujets, de manière si aisée ? Quelqu'un disait que les véritables Ombres naissaient dans la lumière, et qu'il n'y a que là qu'elles pouvaient habiter. Cette parole prenait tout son sens, tout à coup.

"Loin de moi l'idée de m'aimer parler. Ce n'est pas ma faute, si je dois meubler la conversation parce que vous ne me faites pas spécialement confiance, et restez discret. C'est une qualité que j'ai rarement." rétorqua-t-il.

Sa mâchoire se décrispa quelque peu, comme s'il s'apprêtait à sourire, à ces propos. Cependant, nulle joie ne s'immisça sur ce visage pratiquement nacrée, et trop plongé en avant dans les ténèbres. Que pouvait-il bien trouver d'amusant ? Ma foi, que Fantôme se plaigne qu'il ne lui fasse pas confiance, par exemple. Pourquoi serait-ce le cas ? Il n'avait pas fait ses preuves. D'ailleurs, Baldwin ne faisait confiance à personne, pas même à lui-même... Comme pour confirmer les dires de son interlocuteur, il ne fit pas rebondir le dialogue, par ailleurs.
Cela dit, il comprenait pourquoi Andréas se méfiait tant des gens qui semblaient constamment froids et neutres. Allez savoir si leur cœur était aussi calme et paisible que leur apparence ne le laissait deviner ! Selon Roxas -mais peut-être se reposait-il trop sur son expérience personnelle- ce n'était que rarement le cas. Quant à l'épuisement que l'on subissait à force de porter un masque... Ma foi, il ne lui semblait pas pouvoir survivre ou devenir indépendant de cette protection. Et néanmoins, il arrivait des fois où le masque tombait et se brisait sur le sol. Roxas se remémora brièvement les dernières personnes qui avaient du faire les frais de ses... changements d'humeur.
Plus ça allait, moins Fantôme dissimulait son exaspération. Roxas s'en moquait éperdument ; ce n'est pas la première fois qu'il inspirait ce genre de sentiments à ses interlocuteurs, ni la dernière.


"Vous êtes plutôt bien placé pour répondre à la question, non ? C'est vous l'humain ici, pour autant que je sache. On sort tous du ventre d'une femme, il faut bien que nous en ayons quelque séquelle. Même si nous avons ensuite travaillé à être inhumains." remarqua-t-il.


Inhumain, ça ne veut rien dire. Seuls les Hommes, mutants ou non, sont capables de telles atrocités, se contenta-t-il de répondre, sombrement.

Quelle différence y avait-il entre celui qui péchait avec la joie au cœur, et celui qui pleurait, dès lors que le crime était commis ? Pas la moindre. Le mal était le mal ; le plus dément -d'ailleurs- était peut-être celui qui s'arrêtait à un milieu dans le monstrueux.
La discussion approchait de plus en plus de limites dangereuses et de pentes décidément sensibles. Fantôme était indéniablement un brave pour aborder de tels sujets avec Roxas, et surtout oser dire ce qu'il pensait. Pour l'instant, Baldwin demeurait effroyablement calme. Cela ne signifiait pour autant pas qu'il avait toute sa raison, ou qu'il n'était pas capable d'exploser à tout moment. En quelques mots, le calme était parfois bien plus oppressant que la tempête.


"Elles ne veulent pas des damnés. Ou alors il faut qu'ils aient un peu de lumière en eux."

Elle ne voudrait jamais de lui. Il se l'était souvent répété, sans pour autant oser y croire. Perdre tout espoir, aussi infime soit-il, n'était-ce pas la mort totale et irrévocable de l'âme ? De lumière, il n'en avait aucune... Entendre dire ces mots par une autre personne était d'autant plus cruel...

"Ou bien il faut qu'elles évoquent à tel point l'innocence, qu'on sent que tout est possible à nouveau." enchaîna-t-il.

Roxas releva les yeux vers Fantôme. L'innocence, Fran l'avait longuement incarnée. Mais son esprit avait été doucement corrompu par Ascheriit, le maitre du Conseil des Ombres, à un point où Roxas n'était pas certain de la reconnaitre. Il avait néanmoins tout abandonné et trahi pour la suivre jusqu'ici, jusqu'en Enfer. Elle ne daignait pas même le regarder... Quelque soit son attitude, il n'arrivait toutefois pas à en détourner ses pensées. Et d'une certaine façon, si elle avait perdu son innocence, peut-être avait-il plus de chance de la conquérir, en pauvre pécheur et damné qu'il était... Il éprouverait quoiqu'il en soit beaucoup moins de remords à la forcer... Il laissa peser un lourd silence qui révélait bien assez que jamais ses intentions ne changeraient.


"Mon histoire, c'est la même que la vôtre, avec quelques variantes dans l'équation, sans doute. Pourtant, j'en ai connu d'autres, plus dignes peut-être ! Rêver, pourchasser une femme inaccessible, une femme pour qui on ferait tout, et qui ne veut toutefois pas de vous, quoique vous fassiez, parce que vous la dégoûtez, ou elle ne se souvient plus de vous. La majeure différence avec vous, c'est qu'elle m'a aimée d'abord...et maintenant... Disparu ! Qu'importe. Tant qu'elle est en vie, il y a toujours une chance." expliqua-t-il.

Roxas devait à présent battre des records en matière de crispation et de lividité. Comment... Comment osait-il lui conter ainsi son histoire ? "Parce que vous la dégoûtez", "la majeure différence avec vous, c'est qu'elle m'a aimée d'abord", que de mots qui se répétaient inlassablement dans son esprit. Il lança un regard relativement ineffable à Fantôme, comme si... Comme s'il n'aurait pas hésité à se servir d'un poignard, si toutefois il en avait eu un en sa possession.
Ils furent heureusement interrompus par un évènement inattendu.
A plusieurs mètres de là, sur les toitures de la vaste demeure de Benedict, une sorte de dragon avait l'air plus hérissé et menaçant que jamais. Aphiss était impressionnant, au début... A présent, Roxas parut plus blasé qu'autre chose. Les joies du Domaine Dantès : l'on y croisait diverses créatures toutes plus effroyables les unes que les autres, et qui risquaient de vous dévorer, si elles étaient incommodées. La créature parut se ruer sur quelque chose, tout en crachant des flammes. La suite provoqua quelque raffut, sans pour autant leur être visible, à cause de la dense végétation. C'était inquiétant, mais Roxas doutait que le domaine ait été attaqué par des forces ennemies.


Voilà qu'ils s'entretuent... dit-il à Fantôme, ce qui mettait probablement fin à leur charmante conversation.

Et néanmoins, mieux valait ne pas se mêler des conflits des puissants.

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L'enfer ne contient pas pire en fait de puissances mauvaises
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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Dim 6 Mai - 12:30

Arrow Salle de réunion

Emma avait attendu Lucia à la sortie de la salle de réunion, puis quand elles furent ensemble, elles prirent le chemin menant au parc. Aucun mot ne fut prononcé pendant la traversée du manoir. Le parc était tout de même plus propice à la conversation que ces couloirs lugubres et où les murs avaient des oreilles.
Lorsqu'elles atteignirent la double porte du hall d'entrée, Emma commença immédiatement la conversation,


"Avez-vous eu des nouvelles de votre mari ?"

C'était une façon polie de commencer cette entrevue, et surtout, l'avenir de cet homme qui avait maîtrisé Ikon l'intéressait fortement puisque c'est lui qui semblait avoir mis au point la technique...
Mais avant que Lucia ne put lui répondre, Emma détecta un énorme mouvement derrière elles, qui fut suivi d'un rugissement terrible. Le premier réflexe d'Emma fut de créer un bouclier télékinésique autour des deux femmes. Ensuite, Emma eut le temps de distinguer une forme s'apparentant à un dragon tout en étant envoyée voler dans l'herbe avec Lucia dont elle avait saisi la main par la puissance du feu.
Après une ou deux roulades, Emma se releva promptement pour apercevoir Aphiss être dominé par Razzus. Emma décida de faire abstraction du combat pour se concentrer vers Lucia qui était juste à côté d'elle.


"Quel manque de courtoisie. Régler leur différend ici..."

Commenta-t-elle ironiquement, avant de reprendre leur marche dans la direction opposée à l'affrontement. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elles ne seraient plus dérangées par d'autres événements similaires et peu plaisants...

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Lun 7 Mai - 21:26

Il était surtout surprenant que dans un milieu tel que le Conseil des Ombres, Fantôme ait trouvé quelqu'un qui accepte de discuter, plutôt que de chercher à tuer, comme le prouverait la lutte qui interromprait leur conversation quelques minutes plus tard. Comme quoi, il restait, semblait-il, encore un peu d'espoir...Roxas avait-il raison ? Fantôme possédait-il plus de lumière ou de clarté qui faisait que malgré le fait d'appartenir aux Ombres, il ne paraissait au final pas si noir que l'homme qui lui faisait face ? Peut-être. Oui, en effet, il riait, parlait avec aisance, alors que Roxas, en face de lui, n'émettait que réserve et phrases courtes. Peut-être que le long temps d'existence avait rendu Fantôme un peu fou, à la fin. Ou peut-être que parfois, l'idée que sa soeur le considérait peut-être d'un imaginaire au-delà, lui faisait redresser la tête et essayer de retrouver, si on ne pouvait parler de dignité ou de bien, au moins de fidélité à lui-même et ses principes. C'était après tout l'une des seules choses qui lui restaient...Avec l'esprit d'imaginer que l'espoir existait encore et que tout futur n'était pas irrémédiablement bloqué.

Roxas eut alors ce qui faillit s'apparenter à la naissance d'un sourire ; mais hélas, ce ne serait pas encore pour aujourd'hui. Non, ce visage-là, pâle comme le marbre, restait trop ancré dans sa réserve et sa méfiance, son masque d'impassibilité. Ah, que les gens immuables étaient difficiles...Impossible de deviner leurs pensées, ni même d'imaginer qu'ils disaient le contraire de ce qu'ils disaient ou montraient, puisqu'ils ne disaient rien, n'exprimaient rien...Pâle simulacre de vie, tout juste suffisant pour cacher l'intérieur. Fantôme ne pouvait croire qu'un masque se portait éternellement. Au moins l'ôtait-on quand on était seul, quand personne ne vous regardait. Une comédie ne se jouait pas pour soi-même ; car si on jouait un rôle, c'était bien parce qu'on savait avec sincérité l'être qu'on voulait cacher aux autres.


"Inhumain, ça ne veut rien dire. Seuls les Hommes, mutants ou non, sont capables de telles atrocités." répliqua Roxas, d'une manière tout, sauf lumineuse et enthousiaste.

"Et capables de beauté, aussi." fit simplement Fantôme, sans rien ajouter davantage. Ce qu'il disait là suffisait. Il n'était pas d'humeur à entrer dans un débat philosophique avec quelqu'un qui semblait aussi bouché.

Seule leur obsession les rapprochait ; tout le reste était contraire. Fantôme avait rarement fait le mal en ayant grâce à cela le coeur au bonheur ; il connaissait plus le côté "s'enfermer dans une pièce pour se maudire et rester dans le noir à regretter." Que voulez-vous. Personne n'était parfait. Surtout lui, d'ailleurs, se serait-il plu à dire. C'était sûrement pour ça qu'il ignorait la pente glissante sur laquelle il s'engageait en abordant le sujet des femmes avec Roxas. Celui-ci gardait son calme, face au discours que Fantôme sortait...il gardait trop son calme, d'ailleurs. S'il était aussi obsédé que lui, il allait bien falloir que cette obsession se manifeste de manière ouverte, d'une façon malsaine, ou explosive, mais c'était rare, terriblement rare et impossible de parler de ce qui vous tenait à coeur, sans avoir une crispation de visage, un regard particulier, un signe physique..à moins d'être insensible à tout. La seule chose que Roxas lui donnait, c'était un silence. Un lourd silence que Fantôme n'aimait pas. Il n'aurait pas tout donné pour déchiffrer quelques pensées de Roxas, mais disons le minimum syndical.

Et puis le visage de Baldwin changea soudainement ; ses traits étaient encore plus livides que l'instant d'auparavant, il y avait une crispation dans le mouvement, et puis il y eut ce regard indescriptible et si brusque, qui dévoila soudain toute la dangerosité de l'âme de cet homme auparavant si imperturbable. Une sorte de profonde détermination, mêlée à de la haine ou un profond désir de faire le mal, et tant pis s'il fallait se damner pour cela...Fantôme eut un léger mouvement de recul, bien que son regard ne se détachasse pas de celui de Roxas, et il se tenait prêt à ne devenir plus qu'un souffle dans le vent, juste au cas où. Ah...on pouvait dire qu'il avait sa réponse, sur ce que cachait l'attitude impassible de cet humain si étrange. C'était juste ; il saurait à quoi s'attendre désormais. Il saurait que Roxas n'en était que plus dangereux, que parce qu'il agissait par impulsion imprévisible, dès qu'on parlait de ses obsessions.

Fort judicieusement, ce fut le moment que choisit Aphiss pour apparaître, bien que le timing soit complètement indépendant de sa volonté, pour sûr. Encore inhabitué à ceux qui hantaient le Domaine Dantès, Fantôme détourna son regard vers le dragon qui se précipitait vers un point invisible. Les flammes qu'il dispersait dans l'air auraient pu avoir quelque chose de poétique, si elles n'avaient pas été aussi dangereuses...Andréas fit quelques pas en avant sans s'en rendre compte, fasciné, tourné vers l'endroit d'où on entendant le bruit d'une bagarre et de cris. Tout cynique qu'il pouvait être parfois, il était arrivé quelque chose qui parvenait encore à l'émerveiller, oserais-je dire, de manière presque positive. Il lui aurait toutefois été très difficile d'exprimer clairement ce qu'il entendait par cette sorte "d'émerveillement". Il l'aurait sans doute moins été en voyant la scène véritable ; plus pris d'une sorte de dégoût, bien qu'il ne se fasse pas d'illusion sur ce qui était en train de se passer. Les mots de son interlocuteur le ramènerent à la réalité de la situation.


"Voilà qu'ils s'entretuent..."

Fantôme ne répondit pas tout de suite, essayant de distinguer ce qui se passait, en vain. Il songeait presque à devenir invisible pour aller espionner, en dépit du danger que cela pouvait lui faire courir. Mais les paroles choisies par Roxas le firent changer d'avis, et considérer l'homme avec un détachement mêlé à une sorte...d'estime.

"Quelle maladie de s'entretuer ! Je pensais que la démographie mutante souffrait déjà assez avec les humains ordinaires..." Son ton avait quelque chose d'ironique. "Et comme c'est contagieux : on était sur le point de faire la même chose. Bah...faites l'amour, pas la guerre, comme ils disaient. J'espère vous inviter bientôt à une conversation où toute envie de meurtre passera bien après celle du plaisir de parler...Mes salutations, Roxas."

Il n'ajouta pas "Puisse votre dame vous succomber", bien que l'idée de le lancer ne l'aurait pas dérangé. Mais il eut un léger hochement de tête, avant de devenir immatériel, et de s'éloigner. Nul doute que l'idée du dîner lui trottait déjà dans la tête, comme n'importe quel autre projet tenant de la folie suicidaire dans tel endroit...

Arrow Manoir Spencer

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Mar 8 Mai - 22:00

Salle de réunion

Le trajet depuis la salle de réunion jusque dans le parc se passa dans le silence le plus complet entre les deux femmes. Laura pensait à beaucoup de choses. D'abord, au plan d'Ascheriit pour que David revienne parmi eux. Son époux allait être échangé, si tout se déroulait comme prévu, contre la Simili, Djinn. Pas sûr que Xehanort accepte la transaction, dont la valeur était quelque peu déséquilibrée. Mais il pouvait aussi trouver une certaine satisfaction dans la présence d'une jeune femme prometteuse... L'Italienne se devait d'avoir confiance. Ensuite, à l'apparition surprise de Razzus. Le marionnettiste qu'on avait cru mort suite à l'affrontement titanesque avec Sword était bel et bien envie. Car celui qui avait fréquenté les Ombres pendant longtemps était lui-même une marionnette. Et il avait un talent bien plus important que celui qu'on lui connaissait. Tant mieux.

Enfin, à la mission qu'elle-même allait devoir mener. La mission confiée à Emma Frost que les Ombres allaient soutenir. Mais sans Jiraya, ça s'annonçait un peu plus compliqué. Heureusement, il y avait Tirésias. Et c'était justement ce dont les deux femmes allaient parler. Lorsqu'elles parvinrent à l'extérieur, elles firent quelques pas, et ce fut la dame de diamant qui prit la parole la première. Une question qui étonna quelque peu Laura. Qui garda un visage impassible.


- Avez-vous eu des nouvelles de votre mari ?

L'Italienne regarda son interlocutrice. C'était probablement, en partie, par politesse, et Emma n'était pas particulièrement réputée pour son amabilité. L'autre partie, c'était bien sûr le rôle de Jiraya à jouer dans la méthode de contrôle... Mais Lucia n'eut pas l'occasion de répondre. Le dragon, Aphiss, sous son horrible forme quasi-animale, fondit vers elles, bien qu'elles ne furent pas la cible. Frost réagit à temps et les protégea. Elle attrapa même sa main quand elles furent projetées. Et si la femme d'affaires fit quelques acrobaties à la réception, l'avocate réussit elle à atterrir sur ses pieds.

Laura suivit le regard d'Emma et vit que Razzus, qui était la véritable cible, n'avait pas tardé à prendre le dessus sur la créature. Impressionnant. Pourquoi n'avait-il pas montré ses talents plus tôt, lorsqu'il faisait partie des Ombres ? Mais la question se poserait une autre fois. Car Emma était bien décidée à reprendre leur conversation.


- Quel manque de courtoisie. Régler leur différend ici...

Lucia retint un soupir. Toutes deux reprirent leur marche, sans prendre gare à ce qui se passait désormais derrière elles. Il était temps d'attaquer le vif du sujet. Après quelques pas supplémentaires, elle prit la parole :

"Je n'ai pas de nouvelles de mon mari, non. Mais j'ai toute confiance en Ascheriit et la jeune Djinn pour assurer son retour prochain. La méthode qu'il a perfectionnée est extrêmement délicate, et il est nécessaire qu'il soit présent, mais avec de multiples forces télépathiques, il peut être possible de neutraliser Xavier avant de commencer le processus."

Multiples ? Frost était télépathe. Avec l'aide de Tirésias, ce serait probablement suffisant pour mettre à mal le professeur. De toute manière, la concentration d'autres pouvoirs allait jouer également. Laura s'arrêta.

"Combien de temps pensez-vous consacrer à votre mission ?"

Autrement dit, combien de temps mettrait-elle à convaincre Xavier de sortir pour tomber entre les mains des Ombres ?

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Mar 12 Juin - 12:50

Emma et Lucia reprirent leur marche, et après quelques instants, l'Italienne répondit aux interrogations d'Emma qui n'avait pas envie de s'éterniser et qui espérait aller rapidement au but,

"Je n'ai pas de nouvelles de mon mari, non. Mais j'ai toute confiance en Ascheriit et la jeune Djinn pour assurer son retour prochain. La méthode qu'il a perfectionnée est extrêmement délicate, et il est nécessaire qu'il soit présent, mais avec de multiples forces télépathiques, il peut être possible de neutraliser Xavier avant de commencer le processus."

Cela répondait donc à une bonne partie des questions qu'Emma se posait. Très bien. Il fallait espérer que son retour ne serait pas trop tardif. Non pas qu'Emma comptait se presser, mais il ne faudrait pas non plus attendre éternellement pour que cela corresponde au timing qu'elle avait en tête. Lucia retourna à Emma une autre question justement fort à propos,

"Combien de temps pensez-vous consacrer à votre mission ?"

Comment devait-elle prendre la question ? Emma décida de jouer la langue de bois sans donner de temps précis, tout en répondant de façon suffisante. De toute façon, il lui était impossible d'annoncer un délai quelconque,

"Autant que nécessaire, même si convaincre Xavier de me suivre ne devrait pas être très difficile. Les potentiels projets communs que nous pourrions avoir ensemble sont autant de raisons de l'isoler. Le lieu sera très important. C'est là où il va nous falloir être très prudent."

Puis continuant à marcher aux abords du lac, Emma ajouta autant pour le bien-fondé du projet que pour sa curiosité personnelle,

"Au cas où votre mari ne reviendrait pas, ce qui serait très regrettable, pensez-vous qu'il soit possible d'appréhender sa méthode et de l'appliquer avec brio ?"

Emma souhaitait vraiment qu'il revienne parmi eux, mais pas forcément à temps. Si elle pouvait être instruite de la méthode, elle n'en serait pas moins contente, et elle pourrait pleinement jouer le double-jeu qu'elle s'apprêtait à entreprendre...

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Ven 22 Juin - 17:41

La question posée par Laura était directe, et elle doutait qu'Emma puisse lui donner une réponse précise. Si elle daignait répondre. Sa fierté pouvait bien l'en exempter, si jamais elle considérait que ce n'était pas indispensable que l'Italienne le sache. Mais dans l'intérêt de tous, il était tout de même plus sage de partager ce genre d'informations.

- Autant que nécessaire, même si convaincre Xavier de me suivre ne devrait pas être très difficile. Les potentiels projets communs que nous pourrions avoir ensemble sont autant de raisons de l'isoler. Le lieu sera très important. C'est là où il va nous falloir être très prudent.

Les deux femmes atteignaient le lac. Ainsi, Xavier serait prêt, au nom de projets communs avec Emma Frost, à la suivre et laisser quelques temps l'Institut sans sa protection. Quoique le point stratégique concernerait là, à ses dépens, sa propre protection... Lucia acquiesça. Le lieu ne devait pas poser de problèmes. Quand il serait temps d'agir, tous seraient prêts. Le professeur avait beau être un puissant télépathe, il ne pourrait lutter contre trop de Mutants, notamment Tirésias.

- Au cas où votre mari ne reviendrait pas, ce qui serait très regrettable, pensez-vous qu'il soit possible d'appréhender sa méthode et de l'appliquer avec brio ?

L'avocate s'arrêta pour regarder un instant la surface de l'eau, puis elle se tourna vers la femme de diamant, qu'elle dominait en taille.

"Tirésias saurait s'y prendre. Peut-être pas tout à fait de la même manière, mais il est peut-être plus compétent en la matière que David. Reste à savoir si sa méthode peut être aussi efficace."

Avoir un autre télépathe chez les Ombres était un atout non négligeable, d'autant plus qu'il était à l'heure actuelle le seul, et qu'il était meilleur que Jiraya.

"Ne vous inquiétez pas pour la suite. Occupez-vous de la première partie, et nous saurons prendre le relai comme il se doit."

Puis elle posa de nouveau le regard sur le lac. Le calme qui régnait sur les lieux était apaisant. Elle pourrait bien s'y plaire, si jamais elle décidait de venir plus souvent...

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Sam 23 Juin - 11:44

Lucia s'arrêta aux abords du lac et son regard se perdit dans l'étendue de la pièce d'eau. Emma profita du calme dégagé par l'atmosphère apaisante de l'eau, mais elle avait trop de choses en tête pour en profiter bien longtemps, et quelques secondes suffirent pour que son envie d'avancer reprenne le dessus. Heureusement, Lucia reprit la parole,

"Tirésias saurait s'y prendre. Peut-être pas tout à fait de la même manière, mais il est peut-être plus compétent en la matière que David. Reste à savoir si sa méthode peut être aussi efficace."

C'était une bonne nouvelle, mais ce n'est pas celle qu'avait espéré Emma. Il faudrait qu'elle voit avec Tirésias. Elle voulait et devait tirer un maximum d'informations sur le procédé, aussi bien pour elle que pour la réussite de ses plans.

"Ne vous inquiétez pas pour la suite. Occupez-vous de la première partie, et nous saurons prendre le relais comme il se doit."

Emma n'apprécia pas la phrase de l'avocate. Pour qui se prenait-elle ? Elle la mettrait à genoux à l'instant si ne tenait ses obligations envers le conseil. Emma attendit un instant puisqu'il semblait que l'Italienne était à nouveau perdue dans ses pensées se reflétant dans les vaguelettes du lac. Cela lui permettait aussi d'éviter de sortir une remarque par trop sarcastique, mais elle ne tenait pas à se faire marcher sur les pieds par qui que ce soit.

"Je ne doute pas de vos capacités, mais je n'apprécie par votre condescendance. Je ne suis pas votre servante. Tâchez de vous en rappeler à l'avenir."

Puis Emma s'éloigna, laissant l'Italienne à la contemplation de l'étendue d'eau. Si elle n'avait rien d'autre à faire, tant mieux pour elle... Emma devait repasser par chez elle, mettre au point une stratégie avec le meilleur équilibre risques/gains, et s'entretenir ensuite avec le Professeur...

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Ven 29 Juin - 13:05

Laura eut la satisfaction d'avoir fait mouche. Si elle savait qu'Emma était capable de réaliser sa part du contrat, elle n'aimait pas la personne, ce qu'elle représentait, et la façon qu'elle avait d'en jouer. Quelqu'un d'aussi imbu de lui-même méritait de temps en temps d'être remis, subtilement à sa place.

- Je ne doute pas de vos capacités, mais je n'apprécie par votre condescendance. Je ne suis pas votre servante. Tâchez de vous en rappeler à l'avenir.

Lucia croisa les bras en regardant s'éloigner Emma Frost, avec un petit sourire. "Je ne suis pas votre servante". Non, mais elle n'était pas non plus apte à juger de ce que les Ombres réaliseraient. Ainsi, en se permettant d'émettre un avis sur les projets de la femme de diamant, elle avait renvoyé la politesse, tout en délicatesse. Qu'Emma ait apprécié ou non n'était pas le sujet, le principal étant qu'elle ait compris. L'Italienne fit quelques pas supplémentaires le long du rivage avant d'appeler le chauffeur qui l'avait déposée à son arrivée.

Elle redescendit tranquillement l'allée principale, en espérant ne croiser personne, et elle eut cette chance. Le parc, bien que plutôt fréquenté à la suite de la réunion, était suffisamment vaste pour qu'on ne se rencontre pas. Parvenue à la voiture, elle ordonna que l'homme la reconduise chez elle.

~~ ?? ~~

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MessageSujet: Re: [Extérieur] Entrée du domaine - Parc et allées Sam 30 Juin - 12:10

"Et capables de beauté, aussi." rétorqua Fantôme.

Roxas l'observa, non sans intensité. Se faisait-il un malin plaisir à le contredire, quelque soit le sujet abordé, ou présentait-il de tels propos avec sincérité ? Si tel était le cas, il brûlait de lui poser une seule et unique question : que Diable faisait-il au sain du Conseil des Ombres ? Nul n'était capable de beauté ou d'harmonie ici. L'endroit grouillait de mauvais génies que le bonheur faisait fuir. Ils n'aspiraient qu'au chaos. Certes, leurs talents et ambitions étaient dotés de grandeur, mais de beauté, point. Fantôme n'était-il que trop optimiste ou avait-il perdu une once de raison au fil des siècles ? Le cœur de Roxas balançait entre ces deux propositions, mais aucune d'entre elles ne lui permettrait d'estimer d'avantage Fantôme. Les méchants haïssent, telle est leur façon d'admirer. Le mutant l'intriguait quoiqu'il en soit toujours autant ; voilà qui n'était pas un mince mérite. Il demeurait quoiqu'il en soit silencieux et impassible. Les apparences étaient trompeuses, songeait-il. Fantôme et lui n'étaient pas si différents que cela. Il n'avait de cesse d'espérer trouver le salut et le bonheur dans le crime, et c'était tout juste s'il y parvenait, avant de sombrer à nouveau dans le regret et la mélancolie. Il n'était pourtant bon à rien d'autre.
Et voilà que Fantôme avait quelque mouvement de recul. Le masque immuable qu'il abordait se serait-il fendu, l'espace d'un instant ? Et parce que le malheur des uns fait le bonheur des autres, Aphiss "choisit" ce moment-précis pour courir à sa perte. Aussi, les deux hommes furent distraits de l'animosité naissante qui aurait pu les mener à une confrontation regrettable.


"Quelle maladie de s'entretuer ! Je pensais que la démographie mutante souffrait déjà assez avec les humains ordinaires..." se contenta-t-il d'ironiser, nullement perturbé.

Roxas demeura la tête haute, et attentif, quoique le ton de Fantôme ne l'enchantait pas particulièrement.


"Et comme c'est contagieux : on était sur le point de faire la même chose. Bah...faites l'amour, pas la guerre, comme ils disaient. J'espère vous inviter bientôt à une conversation où toute envie de meurtre passera bien après celle du plaisir de parler...Mes salutations, Roxas." conclut-il.

Et il s'évapora, avant même que Rafael n'ait eu le temps de répliquer quoique ce soit. Était-il toujours présent, mais invisible ? Il se permit d'en douter. Malgré ses airs insouciant et souriant, Fantôme n'avait pas du adorer les menaces latentes de son interlocuteur. Désirait-il vraiment aborder une nouvelle conversation avec lui, malgré ce qu'il s'était passé ? Roxas ne se faisait guère d'illusions ; il n'avait été qu'un divertissement de passage. La solitude était de retour...


=>Quartiers riches, Manoir Spencer

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« C'était un mauvais esprit tout bardé de dépit.
L'enfer ne contient pas pire en fait de puissances mauvaises
Dans son domaine surbaissé.
Crevant de sombre orgueil,
De malice âcre et rancunière,
Il est l'ennemi des méchants aussi bien que des bons. »


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